Rouler en groupe !

entrainement

Bien que seul sur sa machine, le cyclisme sur route se pratique le plus souvent en groupe : lors des entrainements club en en compétitions.

On est un groupe on roule en groupe

Rouler avec un club implique une discipline différente des sorties en solitaire : on roule en groupe pour se retrouver entre amis mais aussi pour économiser de l’énergie et/ou améliorer ses performances. En plus de l’effet d’entrainement non négligeable, rouler en peloton signifie que l’on profite de l’effort des cyclistes à l’avant qui doivent affronter de façon plus importante le vent que ceux qui les suivent. Lorsque la randonnée est menée correctement, l’effet d’aspiration dans le groupe peut aider à réduire de façon significative l’effort demandé à chaque cycliste (certains estiment la réduction à plus de 25%) comparativement à un effort en solitaire.

Dans tous les cas, il ne faut jamais oublier que l’on pratique le vélo pour le plaisir : si on choisit de rouler avec un groupe, on doit sacrifier une certaine liberté au profit d’une certaine efficacité. Aussi, pour que l’exercice demeure agréable, une cohésion doit exister dans le groupe. On ne le dira jamais assez : le groupe doit être solidaire de chacun de ses membres. Si un cycliste est en difficulté, le groupe doit attendre cette personne ou lui porter assistance selon le cas. On ne devrait jamais abandonner un cycliste à son sort sans être certain qu’un autre groupe suit à courte distance ou que ce cycliste est capable de retourner chez lui par ses propres moyens.

Dans cette optique, il est important de bien choisir son groupe au départ de la sortie : si on choisit un groupe trop fort pour ses capacités, on risque de s’épuiser très rapidement et de ralentir tout le monde. Au contraire, si on choisit un groupe trop faible, on peut imposer un rythme trop élevé pour les autres cyclistes. Dans le Club, les vitesses des groupes sont annoncées au départ et un groupe devrait respecter la vitesse annoncée à moins que les conditions ne soient particulièrement favorables ou défavorables. Il vous revient de vous évaluer correctement et si vous êtes incertain de vos capacités, optez pour un groupe moins fort, quitte à joindre un autre groupe après la pause du midi ou lors de prochaines sorties.

L’important est d’être à l’aise dans le groupe que vous choisissez : il n’y a pas de mal à essayer un nouveau groupe en autant que vous puissiez suivre son rythme. L’essai peut se faire autant dans un groupe plus lent que plus vite. Il n’y a pas de mal non plus à rester en position de queue si vous essayez un groupe plus fort. Avertissez vos compagnons de route que vous faites un essai et que vous préférez rouler en dernière position afin d’éviter un épuisement inutile qui pourrait s’avérer dangereux pour les autres cyclistes. Cette stratégie vaut autant pour votre groupe régulier : il n’est pas nécessaire de démontrer votre force en restant trop longtemps à la tête du peloton.

L’une des difficultés souvent rencontrée est le phénomène de fusion entre deux groupes dont la vitesse de croisière est différente. En ce cas, il revient à chacun de respecter la consigne en limitant notre vitesse à celle indiquée au départ. Si tout le monde respecte la consigne, les membres du groupe moins rapide laissent aller ceux du groupe plus rapide. Si par ailleurs un cycliste décide de se joindre aux plus rapides, il devrait en aviser les membres et l’encadreur de son groupe, question d’éviter la confusion.

Le sillonnage

Entre 25 et 30 km/h, 80 % de l’énergie que vous dépensez, sert à combattre la force de frottement de l’air. Pour améliorer votre rendement, il vous faut donc réduire cette force de frottement. Vous pouvez, pour ce faire, réduire votre coefficient de frottement (être plus aérodynamique) en diminuant l’emprise du vent (pneus étroits, pas de garde-boue, pas de vêtements qui battent au vent etc.) et en prenant une position aérodynamique ; mains en bas du guidon et coudes légère¬ment repliés. On peut aussi réduire le frottement de l’air en roulant dans le sillon d’un autre cycliste ou mieux, dans le sillon produit par  plusieurs cyclistes (un  peloton). C’est ce qu’on appelle faire du sillonnage.

Un cycliste en bonne forme physique peut maintenir une puissance d’environ 150 W pendant 2 à 3 heures. En position standard, sa vitesse moyenne serait de 26 km/h et en position aérodynamique (durant tout le trajet) sa moyenne serait de 28 km/h. Le même cycliste avec le même effort aurait une vitesse moyenne de 35 km/h s’il faisait tout le parcours  protégé derrière un autre (sans prendre de relais !)  Un gain de 9 km/h soit 34% plus rapide en sillonnage qu’en position standard. Cet écart est d’autant plus grand que la puissance fournie est grande. À 250 W,  le gain serait de 11 km/h (42%).

Vitesse de croisière,

vitesse moyenne

Souvent, lors de discussions qui s’avèrent parfois très animées, des membres du Club (anciens ou nouveaux) sont amenés à se questionner sur les concepts de vitesse de croisière et de vitesse moyenne.

Vitesse de croisière : la vitesse de croisière est la vitesse à laquelle le groupe devrait évoluer sur terrain plat, sans vent notable. En principe, votre peloton ne devrait pas excéder la vitesse annoncée au départ, sauf bien sûr lors des descentes ou s’il y a de forts vents de dos. Ainsi, un peloton qui annonce qu’il va rouler à une vitesse de croisière de 25 km/h prend l’engagement de respecter cette vitesse pour toute la durée du parcours. Notons également qu’une période de réchauffement est souhaitable lors des premiers kilomètres : la vitesse sera alors moindre que la vitesse annoncée.

Vitesse moyenne : la vitesse moyenne fait référence à la distance parcourue divisée par par la durée de la randonnée, sans les arrêts et les pauses (par exemple, la distance calculée en kilomètres divisée par le temps exprimé en heures, donnera des kilomètres/heure). C’est la mesure habituelle qu’on retrouve sur les compteurs. Avant chaque randonnée, nous faisons l’appel pour former des pelotons selon la vitesse moyenne. Notez que les compteurs sont souvent dotés d’une fonction qui arrête le calcul du temps lorsque le vélo n’est pas en mouvement. Ainsi, un peloton qui termine une randonnée avec une vitesse moyenne de 30 km/h aura souvent roulé à une vitesse de croisière supérieure (35 voire 37 km/h), pour compenser les moments où la vitesse est en deçà de 30 km/h (côtes, circulation, etc.).

L’autonomie du cycliste grégaire

Bon, on roule en groupe mais on demeure un individu. Bien que l’on bénéficie de l’aide du groupe en cas de pépin, il faut néanmoins prévoir les imprévus. Avant une sortie, il faut s’assurer des points suivants :

  • Votre vélo est en ordre : pneus bien gonflés et pas trop usés, freins et dérailleurs en ordre, etc… ;
  • Vous disposez d’une trousse de réparation de base : pompe, chambre à air, rustines, quelques clés hexagonales ;
  • Vous avez le parcours (et vous savez lire une carte !) ;
  • Vous avez suffisamment de ravitaillement : eau, barre énergétique ;
  • Vous avez un peu d’argent (toujours utile) et des pièces d’identité (carte d’assurance-maladie).

La sécurité en peloton

Rouler en peloton implique des risques, et aussi il faut faire preuve d’une grande prudence lors de cet exercice. Les risques sont d’autant plus élevés que nous devons partager la route avec des automobilistes. Aussi, il est du devoir de chaque cycliste d’assurer non seulement sa sécurité personnelle mais aussi celle du groupe.

Commençons d’abord par un rappel des principaux points du code de la sécurité routière qui s’appliquent plus spécifiquement aux cyclistes :

En ville

  • Circulez sur le côté droit de la chaussée, à environ 1 mètre du trottoir et des voitures en stationnement.
  • Osez occuper la chaussée lorsque le dépassement de votre vélo par une voiture s’avère dangereux.
  • Utilisez, lorsqu’elles existent, les bandes ou pistes et doubles-sens cyclables.
  • Gardez une distance de sécurité d’1 mètre au moins par rapport aux autres véhicules.
  • Ne zigzaguez pas entre les voitures.
  • Aux intersections, placez-vous un peu en avant des véhicules pour vous faire voir.
  • Faites attention aux portières qui s’ouvrent brusquement et aux enfants qui peuvent déboucher entre deux véhicules.
  • Ne circulez pas sur les trottoirs. Seuls les enfants à vélo de moins de 8 ans y sont autorisés.
  • Dans les zones de rencontre ne circulez pas à plus de 20 km/h et respectez la priorité du piéton.
  • Dans les zones 30 et les zones de rencontre, les vélos peuvent circuler dans les deux sens. Le double sens vous permet de bénéficier d’une meilleure visibilité et d’éviter les grands axes de circulation, de simplifier les itinéraires.

Sur la route

  • Ne roulez pas trop près de l’accotement, pour éviter les ornières ou gravillons.
  • Dans les virages, serrez à droite car les voitures ne vous voient qu’au dernier moment.
  • Soyez particulièrement prudent lors du passage d’un camion : l’appel d’air risque de vous déséquilibrer.
  • Si vous roulez en groupe, roulez à deux de front ou en file indienne. La nuit, en cas de dépassement par un véhicule ou lorsque les circonstances l’exigent (chaussée étroite, etc.), placez-vous systématiquement en file indienne.
  • Si votre groupe compte plus de dix personnes, scindez-le.

Ceci étant dit, la communication au sein du peloton est probablement l’aspect qui augmente le plus la sécurité du groupe. Il est du devoir des cyclistes en tête de peloton d’indiquer leurs intentions (arrêt, relais, changement de direction) ainsi que les dangers imminents (en particulier les trous et les objets qui jonchent le sol). Les indications se font en général par des signes puisqu’il est plus difficile d’entendre les consignes en queue de peloton avec le vent dans les oreilles !

De plus, avant d’effectuer une manœuvre, il est important de s’assurer qu’elle est sécuritaire pour le groupe : par exemple, avant de changer de voie ou de faire un relais, il faut préalablement regarder si la voie est libre.

Le risque « zéro » n’existe pas : pour faire une activité, il faut accepter les risques qui lui sont associés. Oui, le sillonnage est une activité qui comporte des risques, mais moins que de rouler en auto sur le Métropolitain durant les heures de pointe ou de fumer un paquet de cigarettes par jour ou de faire de la descente en ski alpin etc. L’important n’est pas de faire que des activités à risque « zéro », mais de limiter au maximum les risques inhérents à une activité qu’on aime faire. Le sillonnage bien fait est peut-être dix fois moins dangereux que du sillonnage mal fait. Les sillonneurs expérimentés et prudents savent ce qu’il faut faire pour réduire les risques. Bien sûr, le danger de chute n’est pas pour autant complètement éliminé, mais la probabilité qu’elle se produise peut être ramenée à un niveau très acceptable.

Code de bonne conduite

Évitez de répondre aux invectives des automobilistes. C’est une perte de temps et ça peut vous causer des ennuis en plus de mettre en jeu la sécurité des cyclistes à l’avant. Les conducteurs de véhicules automobiles ne sont pas tous désagréables, aussi nous pouvons tirer profit de la courtoisie des automobilistes qui sont aimables envers nous, en les saluant et en leur souriant. La réputation du Club (et des cyclistes en général) est intimement liée à la courtoisie envers les conducteurs automobiles et nous devons faire des efforts afin de préserver leurs bons sentiments à notre égard.

Si vous croyez qu’un cycliste de votre groupe a un comportement dangereux ou qu’il roule mal, il est de votre devoir de l’en informer de façon diplomatique : tout individu veut s’améliorer et il acceptera la critique si elle est bien présentée : soyez constructif dans votre façon de vous exprimer et ainsi tout le monde sera gagnant!

Si vous dépassez un peloton plus lent, avertissez-les de votre présence afin de ne pas les surprendre. Saluez-les également : c’est plus sympa que des grimaces!

Si vous descendez de votre vélo, dégagez la route : rien n’est plus gênant, voire même dangereux, que de rester en bordure de la route lors d’un arrêt. Lorsque vous vous arrêtez, et spécialement en groupe, assurez-vous de déplacer complètement votre vélo hors de la chaussée.

Conduite au sein du peloton

1- Ne regardez pas directement la roue du cycliste qui vous précède.

Un joueur de hockey ne doit pas regarder la rondelle directement et lorsqu’on dactylographie un texte on ne doit pas regarder le clavier. De la même façon, en vélo, on n’a pas à regarder direc¬tement la roue du cycliste qui nous précède. On sait à quelle distance on est de sa roue, mais c’est notre vision périphérique qui nous transmet cette information.

2- La distance entre votre roue et celle du cycliste qui vous précède doit être d’au moins 10 à 15 centimètres et d’au plus une longueur et demie de roue (±1 m)

Les deux ou trois centimètres vous donnent tout juste le temps de réagir si une variation de vitesse survient. Se maintenir aussi près de l’autre demande beaucoup de concentration et ne peut être pratiqué que par ceux qui ont de bons réflexes et plusieurs kilomètres d’expérience en sillonnage. À plus d’un mètre et quart de distance, l’effet de sillonnage est diminué de beaucoup; à une longueur de vélo, il n’y a pratiquement plus de sillon.

3- Tous les cyclistes d’un groupe doivent indiquer de la main toutes les manœuvres de virage ou d’arrêt.

Habituellement, c’est le cycliste en tête qui indique en premier un virage ou un arrêt. Pour éviter toute confusion, il est souhaitable que tous les cyclistes du groupe indiquent également de la main, la manœuvre à venir. Il est en effet rassurant de savoir que tous les cyclistes du groupe savent qu’il va falloir tourner ou s’arrêter.

4- Il est préférable de se tenir à environ 50 à 75 cm du bord de la route

Si vous roulez trop près de la bordure de la route, vous vous enlevez une marge de manœuvre transversale qui peut, devant un imprévu quelconque, être essentielle. De plus, si vous ne prenez pas assez de place sur la chaussée, les automobilistes auront le réflexe (surtout durant la ren¬contre de deux autos), de vous pousser sur la bordure. Finalement, avec ce jeu du côté droit de la file, vous pourrez, surtout s’il y a du trafic, faire vos relais à droite.

5- Ne dépassez pas vos limites

Le peloton roule de plus en plus vite. Au début, cette augmentation graduelle de la vitesse est stimulante. On pousse un peu plus fort sur les pédales. On tient bien la roue de celui qui nous précède. La concentration est maximale. Le cœur bat de plus en plus vite. On sent qu’on pousse ses propres limites. On retire un plaisir qui ne peut pas se décrire facilement (certains prétendent que c’est chimique). Le groupe insiste. Les plus forts vont peut-être même lancer un sprint. Le cœur bat vite, trop vite. Il faut coller au maximum la roue de celui qui nous précède si on veut suivre… Stop. Il y a une limite qu’il ne faut pas dépasser, une limite au-delà de laquelle vous roulez à tombeau ouvert. Sachez reconnaître ce point critique et si vous l’atteignez, n’hésitez pas à décrocher. Votre potentiel de risque est peut-être plus élevé durant ces quelques minutes que durant tout le reste de l’été. Le sillonnage demande une grande concentration et il est difficile, voire impossible, de la maintenir lorsqu’on a dépassé ses limites. Attention, cette règle ne s’adresse pas qu’a la classe « A ». Tout le monde a des limites, c’est juste qu’elles ne sont pas à la même vitesse pour tout le monde.

6- En effort, ne vous laissez pas distraire et ne distrayez pas les autres cyclistes

Pour maintenir votre vitesse de pointe lorsque vous roulez seul, vous devez déployer tout ce que vous avez comme force musculaire. En peloton, vous devrez en plus utiliser toute votre concentration. Plus vous roulez vite plus le sillonnage est important et plus vous devrez vous concentrer sur votre sillonnage. Évitez alors tout ce qui peut vous distraire : « pitonner » sur son cyclomètre, vérifier la position de la chaîne sur les pignons, discuter avec un autre, chercher de la main sa bouteille d’eau, fouiller dans sa poche pour trouver une barre tendre, observer la beauté d’un corps de l’autre sexe (ou du sien), etc.

Les techniques de sillonnage

Il n’est pas toujours nécessaire, lorsqu’on roule en groupe, d’appliquer toutes les règles décrites ci-dessous. Durant la période de réchauffement ou à un moment où le groupe ralentit pour reprendre son souffle, chaque cycliste a le réflexe de se donner une distance de manœuvre suffisante autour de lui afin de pouvoir rouler plus décontracté. Au fur et à mesure que la vitesse augmente, le peloton se ressert. Plus la vitesse est grande, plus les cyclistes se rapprochent les uns des autres, plus il faut être vigilant et respectueux des règles de base du sillonnage. On retrouve dans les sections suivantes une description concise des règles :

1- Maintenez une distance constante entre vous et le cycliste qui vous précède

 Si vous laissez celui qui vous précède prendre de l’avance, il vous faudra ensuite accélérer pour le rejoindre. Ceux qui sont derrière vous devront aussi accélérer pour réussir à vous suivre. Évitez le plus possible d’utiliser les freins. En cas d’urgence, il est préférable de briser la file et de se placer à côté de la personne qui nous précède.

2- Ayez un coup de pédale régulier. N’arrêtez pas inutilement de pédaler

Cesser de pédaler est pour celui qui vous suit le premier signe d’un éventuel ralentissement. Vous lui imposez ainsi un « garde à vous » inutile qui peut même devenir stressant à haute vitesse. Si vous vous arrêtez souvent de pédaler vous lui enlevez alors un indicateur important.

3- Maintenez votre vélo sur une ligne droite, la plus régulière possible

Un bon rouleur se reconnaît à la régularité de sa ligne de roulement. Il est beaucoup plus agréa¬ble de suivre un cycliste qui respecte cette règle. Elle n’est évidemment pas facile à respecter avec le nombre astronomique de trous que l’on retrouve sur nos chaussées québécoises. Atten¬tion toutefois, sachez qu’il est plus sécuritaire, lorsqu’on roule en peloton, de passer dans les petits trous que de systématiquement essayer de les éviter. Autrement dit, en peloton, il faut être moins tatillon sur les trous que lorsqu’on roule seul. Par vent de travers avec bourrasques, il est pratiquement impossible de maintenir une ligne droite. Essayez tout de même de faire de votre mieux.

4- Restez sur la ligne de roulement du cycliste qui vous précède

Le cycliste qui vous précède vous cache une partie de la chaussée. Vous aurez peut-être le réflexe de zigzaguer de part et d’autre afin de continuellement vérifier l’état de la chaussée qui se présente à vous. Cette façon de faire est épuisante pour vous et stressante pour celui qui vous suit. Vous risquez, en plus, d’avoir une très mauvaise surprise en passant dans un trou qui a été frôlé par celui qui vous précède. Dites-vous que si celui qui vous précède passe, il n’y a pas de raison pour que vous ne passiez pas vous aussi.

La conduite du peloton

1-Le rôle du cycliste en tête du peloton

En tête de peloton, vous devez :

  • Maintenir une vitesse la plus régulière possible.
  • Indiquer clairement les virages et les arrêts.
  • Indiquer, en pointant du doigt, les trous et les crevasses dangereuses.
  • Devant un obstacle (piéton, voiture stationnée, etc.) indiquer d’un mouvement de la main qu’il faut s’éloigner du bord de la route.
  • Ne jamais s’écarter brusquement lorsqu’il y a un obstacle sur la route.

Surveiller les chiens qui pourraient avoir la tentation de venir jouer aux quilles avec le peloton.

Le salaire d’un pilote d’un Boeing 747 est de l’ordre de  250 000 $ par année. Il reçoit un salaire élevé en grande partie parce qu’il a une grande responsabilité. En tête de peloton, vous pouvez vous considérer comme un pilote de Boeing (salaire en moins !). Rouler à la tête d’un peloton est malgré les apparences beaucoup plus exigeant que de rouler seul. Il faut être concentré, préve¬nant et le plus régulier et le plus stable possible.

2-Augmenter la vitesse du peloton

Pour augmenter la vitesse du peloton vous devez :

  • Vous assurer que l’ensemble des cyclistes du peloton est capable d’absorber ce gain de vitesse.
  • L’augmenter très graduellement, un km/h à la fois.
  • Ne jamais le faire juste après avoir pris le relais.

Comme au hockey, comme au football, comme au lit d’ailleurs, il faut savoir faire corps avec le reste du groupe. À quoi bon augmenter la vitesse et finalement se retrouver seul ou à deux trois en avant du peloton? Rappelez-vous qu’une sortie cyclosportive n’est pas une course. Si après avoir augmenté la vitesse durant votre relais, vous réalisez que le groupe revient à la vitesse qu’il avait avant, c’est probablement parce qu’il ne veut pas rouler plus vite.

3- Les passages de relais

Les sortie en groupe constituent la principale activité d’un club. Le but est de permettre au groupe de se déplacer en formation alignée (sillonnage), de façon à ce que chaque cycliste dépense le moins d’énergie possible. Par exemple, lorsque vous roulez entre 25 et 30 km/h, 80 % de l’énergie que vous dépensez sert à combattre la force de frottement de l’air. Aussi, le cycliste qui roule à l’avant du groupe combat la résistance de l’air, permettant aux autres cyclistes de bénéficier d’un courant d’air aspirant. Pour profiter de cet avantage, vous devez rouler près de la personne devant vous, idéalement dans un espace compris entre 15 cm et 60 cm. À plus d’un mètre et quart de distance, l’effet est diminué de beaucoup et à une longueur de vélo, il n’y a pratiquement plus de sillon (aussi bien rouler seul).  Se maintenir aussi près les uns des autres demande beaucoup de concentration et ne peut être pratiqué que par ceux qui ont de bons réflexes et plusieurs kilomètres d’expérience en sillonnage.

Fait important à considérer : les cyclistes ne sont pas tous à l’aise à rouler en formation serrée. Utilisez ces techniques seulement lorsqu’elles sont appropriées au type de randonnée que fait votre groupe. Certains ne les utiliseront qu’à l’occasion de vents forts, quelques-uns simplement pour faire changement, et d’autres en tout temps. L’important est de les connaitre, et de savoir en faire bon usage.

A- Les relais

1- Lorsque vous prenez le relais ce n’est pas à vous d’accélérer, mais c’est à celui qui vous précédait et qui vous transmet le relais de ralentir

Lorsque vous prenez le relais, c’est-à-dire lorsque celui qui est devant vous se tasse pour vous laisser prendre la tête du peloton, il y a de grosses chances, surtout si vous n’avez pas beaucoup d’expérience, que vous soyez porté à accélérer de quelques km/h. Une file de cyclistes se comportant comme un ressort ou un accordéon, le dernier à la queue aura à produire une accélération plusieurs fois plus grande que la vôtre. Vous risquez alors de produire un largage involontaire. Pour éviter d’avoir ce comportement vous pouvez, lorsque vous êtes en deuxième place dans la file, vérifier sur votre cyclomètre la vitesse à laquelle vous roulez.

2- Pour passer le relais

Lorsque vous passez le relais :

  • Jetez d’abord un coup d’œil en arrière.
  • Indiquez clairement votre intention de passer le relais à celui qui vous suit.
  • Écartez-vous très doucement de votre ligne de roulement.
  • Déplacez-vous de votre ligne, que d’environ un guidon et demi.
  • Rétrogradez le peloton en frôlant les équipiers.

En résumé, avant de faire un relais, il est prudent de jeter un coup d’œil en arrière du côté où vous avez l’intention de vous déplacer. Vous pouvez ensuite dire « relais » à celui qui vous suit (ou l’annoncer d’un geste clair de la main) et finalement ralentir légèrement tout en vous tassant sur le côté.

Il ne faut pas quitter brusquement sa ligne de roulement. Certains utilisent cette façon de faire afin d’indiquer clairement qu’ils laissent la tête du peloton. Vous risquez de surprendre le troisième et quatrième cyclistes de la file qui ne vous avaient pas initialement dans leur champ de vision. En vous voyant vous déplacer de façon brusque, ces cyclistes peuvent avoir l’impression qu’un obstacle majeur se trouve devant eux, ce qui peut provoquer un ralentissement soudain de tout le peloton.

Pendant que vous descendez vers l’arrière du peloton, vous devez rester relativement serré sur lui. Votre propre sillon sert alors à tour de rôle à tous les cyclistes du groupe et dès le début de la descente, vis-à-vis le 2e ou 3e cycliste, vous commencez vous aussi à utiliser la partie latérale de leur sillon.

3- Si vous ne voulez pas faire les relais

Si vous trouvez que le groupe roule trop vite pour vous, vous devez éviter de prendre les relais. il est préférable de vous rendre à la tête de la file et de faire un relais très court de 20 à 30 sec.

Évitez de vous rendre jusqu’en deuxième position de la file et de refuser de faire le relais en demandant à celui qui vous suit de le prendre à votre place. Cette façon de faire crée une confusion dans le groupe et brise inévitablement le rythme. Faites votre relais très court et restez ensuite à la fin de la file.

Pour ne pas avoir à faire de relais, il ne faut pas que vous montiez vers l’avant de la ligne. Il vous faut donc rester derrière le groupe. Pour ce, lorsque celui qui vient de faire le relais descend le groupe, vous devez laisser devant vous, (voir figure 9.2) un trou afin qu’il puisse s’insérer dans la ligne. Il est possible, s’il ne connaît pas vos intentions, que vous ayez besoin de lui dire de se placer devant vous.

Comportement lorsqu’un cycliste ne veut pas faire de relais

La première règle à suivre est de vérifier si un véhicule s’en vient par l’arrière ou par l’avant:

  • Si un véhicule arrive par devant, il est risqué de passer le relais, car un véhicule arrivant par l’arrière, et qui aurait l’idée de dépasser le peloton, serait en difficulté;
  • Si un véhicule arrive par l’arrière et que vous vous tassez soudainement pour passer le relais, les risques sont grands que ce véhicule vous frôle (au mieux) ou vous frappe (au pire).

La seconde règle à respecter est d’éviter de passer le relais dans une courbe ou une côte : en effet, dans de telles conditions, il est impossible de savoir si des véhicules arrivent en sens inverse. Le meilleur endroit pour passer le relais est la ligne droite, dégagée de tout trafic. De plus, passer un relais dans une côte signifie presque assurément que vous vous ferez larguer : vous êtes en effet fatigué et des forces fraiches vont attaquer la côte à un rythme que vous aurez beaucoup de mal à soutenir. Passez donc le relais bien avant la côte ou mieux encore, imposez votre rythme plus lent au peloton.

Troisième règle : n’attendez pas d’être épuisé avant de céder votre place. En effet, quand vous arrivez en queue de peloton, il faut toujours fournir un effort pour se raccrocher. Si vous n’avez plus de forces, vous aurez du mal à suivre le peloton et vous risquez de vous faire larguer! Lors de forts vents, un relais à toutes les minutes n’est pas inhabituel. Vous pouvez aussi vous entendre avec les membres de votre peloton sur une distance pour les relais (500 m ou 1 km).

Si la voie est libre, indiquez, par un geste ou de vive voix que vous avez l’intention de passer le relais. Tassez-vous et laissez-vous glisser jusqu’à l’arrière du peloton tout en continuant à pédaler afin de pouvoir réintégrer facilement le peloton. Soyez vigilant car il faut parfois fournir un effort important pour s’accrocher au peloton qui roule plus vite que vous! Le dernier cycliste du peloton devrait vous dire qu’il est le dernier vous permettant ainsi de vous cacher rapidement derrière lui.

Si une voiture arrive alors qu’un relais est en cours, laissez immédiatement le cycliste relayeur réintégrer dans le peloton pour le protéger.

 

B- La file simple et l’éventail

Il existe plusieurs types de formations alignées selon lesquelles nous pouvons rouler. La plus usuelle (et la seule légale) est la file simple. Celle-ci implique de rouler à la file indienne (en laissant un espace d’environ 30 cm entre les vélos), derrière un seul cycliste qui entraine le groupe, et qui se replie ensuite vers l’arrière du peloton. C’est la meilleure formation à utiliser sur les routes étroites ou achalandées. Règle générale, les relais se font par la gauche dans le Club. Certaines personnes recommandent que les relais se fassent par la droite, de façon à être protégé de la circulation par les autres cyclistes. Si vous jugez que les conditions favorisent les relais par la droite, entendez-vous préalablement avec les membres du peloton pour éviter la confusion.

Par vent de côté, il est préférable de former un éventail, plutôt que de rouler en file indienne, tout en évitant bien sûr d’utiliser toute la chaussée. Si le vent vient de la droite, le cycliste de tête se place à l’extrême droite de la chaussée. Si le vent vient de la gauche, le cycliste de tête se place près du centre de la route. Tous les cyclistes roulent assez près les uns des autres en plaçant leur roue avant à mi-chemin de la roue arrière de celui qui les précède. Il est particulièrement important de garder une ligne de roulement la plus droite possible et d’éviter tous déplacements transversaux brusques. Si vous vous déplacez transversalement, le cycliste qui vous suit sera obligé de faire la même chose, mais avec possiblement un déplacement un peu plus prononcé que le vôtre. Cet effet d’amplification du déplacement peut donner des sueurs froides à ceux qui sont à la queue de l’éventail.

La formation en éventail ne fonctionne pas bien lorsque le groupe est trop gros (plus de 7 ou 8 cyclistes). Les derniers, à la queue de l’éventail, sont alors en bordure de route et ne peuvent pas profiter du sillon de ceux qui les précèdent. Il est alors préférable de faire deux éventails ou mieux encore, de faire la roue (voir point suivant).

C- La double file

1- Il est préférable, pour un groupe de six cyclistes ou plus, de rouler en formation de deux lignes parallèles.

Une file de cyclistes trop longue produit beaucoup d’effet de ressort, ce qui peut, à la longue, devenir épuisant. Le roulement à deux lignes est alors plus confortable et l’effet de sillonnage est plus efficace.

2-Dans une formation à deux lignes, on peut faire les relais deux par deux ou par un roulement du groupe.

a_relais deux par deux bilatéral

Relais deux par deux bilatéral

Le relais deux par deux en bilatéral a l’avantage de vous laisser côtoyer le même cycliste pendant une bonne partie du parcours. Il a l’inconvénient de prendre beaucoup de place sur la route puisqu’au moment du relais, il y a quatre cyclistes de large. C’est ce type de formation et de relais que le groupe utilise spontanément durant la période de réchauffement.

b_relais deux par deux en ligne

Relais deux par deux en ligne

Le relais deux par deux en ligne montré permet également de vous laissez côtoyer le même cycliste. Il a l’avantage, par rapport au relais deux par deux bilatéral, de prendre moins de place sur la route puisqu’au moment du relais il y a trois cyclistes de large. Ce type de formation est plus difficile et demande des cyclistes un peu plus expérimentés.

c_ relais par roulement : faire la roue

Relais par roulement

La façon la plus naturelle de passer les relais lorsque vous roulez en double est de faire la roue, soit par la gauche, soit par la droite, selon les vents dominants : Il faut que la ligne de droite remonte lentement la ligne de gauche jusqu’à ce que le cycliste d’en avant puisse se ranger à gauche. Celui qui est en arrière à gauche se range alors dans la ligne de droite.

À tour de rôle, chaque cycliste prend la tête, aussitôt que le cycliste qui le précède se range pour se replier vers l’arrière. Cette formation est donc constituée de deux files de cyclistes : une file qui entraîne le groupe (la ligne d’avancée), et une file qui roule un peu plus lentement et se laisse déporter vers l’arrière (la ligne de repli). Cette technique est souvent très exigeante puisque le peloton est en mouvement perpétuel : les relais sont par conséquent très courts (15 secondes). Les vitesses que vous pouvez atteindre dans de tels groupes peuvent être impressionnantes, mais les cyclistes doivent être expérimentés pour pratiquer cette technique.

Cette technique peut évidemment se répéter indéfiniment. C’est ce qu’on appelle faire la roue. Le relais par roulement est plus difficile et demande des cyclistes un peu plus expérimentés. Il est important que tous les cyclistes du groupe soient conscients des manœuvres à exécuter.

Faire la roue avec des relais très courts est la façon la plus rapide de rouler en groupe de cinq à dix cyclistes. Aussitôt qu’on a atteint la première place de la ligne montante, on se déplace dans la ligne descendante du groupe. De cette façon, chaque cycliste reste très peu de temps face au vent (10 à 20 secondes) ce qui permet à tout le groupe de rouler très rapidement. C’est la formation à utiliser, entre autres, lorsque vous êtes un petit groupe qui veut en rejoindre un autre.

 d_la double rotation

La double rotation est une variante plus « relaxe » de la roue : les deuxième et troisième cyclistes de la file de gauche prennent « en même temps » la tête du peloton. Ceux-ci vont rester quelque temps en tête, puis les deux autres cyclistes qui les suivent dans la file de gauche vont les remplacer. Ainsi, il y a toujours deux cyclistes reposés qui prennent la tête. Pour effectuer un relais, le cycliste de gauche avertit son voisin et accélère légèrement pour se mettre en avant de lui. Le cycliste qui le suit fait la même manœuvre lorsqu’il arrive en tête. Notez que cette technique peut également se pratiquer par la droite.

Un point à surveiller particulièrement est l’accélération non intentionnelle du groupe, lorsque les deux nouveaux meneurs s’avancent en tête de la formation. Il est primordial pour les deux nouveaux meneurs de rétablir le tempo original, une fois qu’ils ont pris place à l’avant. Les cyclistes de la ligne de repli ne devraient jamais ralentir pendant un changement de meneurs.

Le double relais avec inversion est une autre technique parfois utilisée pour passer le relais en file double. Elle présente l’avantage d’alterner de voie : ainsi, peu importe la direction du vent, chaque cycliste sera en alternance dans une ligne protégée du vent. Le cycliste de droite en tête de peloton accélère pour devancer son voisin et se mettre à sa gauche. Ce dernier « prend sa roue » et les deux cyclistes se laissent dépasser par le peloton. Ils se rangent ensuite derrière les derniers cyclistes en étant inversés par rapport à leur position de départ. Comme cette manœuvre implique d’être trois rangées de vélo à un moment donné, nous ne recommandons pas l’utilisation de cette technique dans le Club. Il se peut cependant que cette méthode soit utilisée si vous roulez avec d’autres clubs.

Les montées et les descentes

La montée

On dit souvent qu’il y a deux types de cyclistes : les rouleurs et les grimpeurs. En effet, il est toujours surprenant de voir des cyclistes infatigables dans la plaine se faire dépasser par tous et chacun à la moindre petite bosse. Il faut dire que dans les côtes, le poids du cycliste peut faire toute la différence (l’inverse se vérifie également lors de la descente!).

Comme il est difficile de rester regroupé lors d’une montée, le peloton doit se discipliner : les plus rapides peuvent ralentir en haut de la côte, mettre le pied à terre pour attendre les autres ou encore redescendre une partie de la côte pour encourager les moins forts. Dans tous les cas, le peloton doit retrouver graduellement son rythme de croisière après la côte.

Chez les coureurs, on enseigne aux plus faibles en montée à prendre les devants : ils vont ainsi imposer leur rythme aux autres cyclistes. Cela peut être une bonne stratégie, en particulier si le peloton est fatigué : tous seront heureux de grimper à une cadence raisonnable!

Les grimpeurs plus rapides ne doivent jamais dépasser par la droite les cyclistes plus lents. Annoncez vos intentions et dépassez toujours par la gauche. Surtout, ne passez jamais au-delà de la ligne médiane de la route.

Pour bien réussir votre montée, sachez gérer votre effort en évaluant la côte à l’avance. Restez assis le plus longtemps possible et n’attendez pas d’être épuisé avant de changer de braquet. Le rythme idéal dans une montée devrait être celui qui permet un effort suffisamment grand pour atteindre le sommet assez rapidement, tout en vous procurant un certain bénéfice d’entrainement.

Le secret pour réaliser une montée régulière sans trop de peine consiste à appliquer toute la puissance sur les pédales pendant la rotation entière. De la même façon que vous poussez sur les pédales, vous devriez les tirer vers l’arrière et vers le haut, pour ensuite les pousser à nouveau vers l’avant et vers le bas. Gardez le haut de votre corps et vos bras détendus, vos mains posées sur les manettes pour dégager au maximum votre thorax. Concentrez-vous afin de respirer régulièrement et profondément, en vous efforçant de trouver le même rythme que votre coup de pédale.

Lorsque vous ne pouvez plus appliquer suffisamment de puissance pour maintenir votre cadence, il est temps de vous lever sur vos pédales : on appelle cela monter en danseuse. Vous pouvez également vous lever occasionnellement pendant les longues montées, même si vous n’avez pas besoin de le faire, simplement pour étirer vos jambes. En vous levant, vous pouvez changer pour un braquet plus élevé et ainsi maintenir la même cadence que vous aviez lorsque vous étiez assis. Dans la même logique, utilisez un braquet plus facile au moment de vous asseoir. Bien entendu, la montée en danseuse est généralement plus énergivore et on ne peut espérer faire une longue montée ainsi.

La descente

Dans les descentes, vous devriez vous éloigner légèrement les uns des autres. À l’avant, le meneur doit adopter la position la plus aérodynamique possible et continuer à pédaler. Les cyclistes derrière lui devraient freiner légèrement, ou se laisser volontairement ralentir par le courant d’air afin d’éviter de dépasser les cyclistes à l’avant. Reformez le groupe à nouveau au bas de la pente.

Il est également possible d’effectuer des relais dans les descentes mais cette technique ne devrait être pratiquée que par des cyclistes d’expérience dans des conditions idéales (descente en ligne droite sans trafic). De plus, seulement trois ou quatre cyclistes devraient participer à cette manœuvre. Comme la vitesse est élevée et que l’effet d’aspiration est grand, c’est le dernier cycliste de la file qui va accélérer pour ainsi dépasser le premier dans la file. La rotation continue ainsi jusqu’au bas de la côte à une fréquence relativement élevée. La vitesse atteinte peut être impressionnante et aussi faut-il faire preuve d’une grande prudence.

La descente dans les cols

D’abord, rappelons qu’un col c’est, selon « Robert », une dépression formant passage entre deux sommets montagneux. Pour être plus précis, on devrait ajouter que le passage est sinueux : en effet, dans les vieux pays, on préfère les lacets à la ligne droite pour franchir les montagnes. Voilà pourquoi on ne peut descendre un col comme une côte: impossible de se laisser aller complètement quand on doit négocier un virage tous les 200 mètres sur plusieurs kilomètres! Pour arriver en bas en un seul morceau et éprouver un certain plaisir, voici quelques conseils :

  • Adoptez une position penchée, les mains dans le cintre et non sur les cocottes.
  • Levez la pédale du côté ou vous tournez : lorsqu’on aborde un virage, le vélo penche toujours; on évite ainsi que la pédale touche le sol lors du virage! En même temps, appuyez sur l’autre pédale qui se trouve près du sol : cela facilite l’entrée dans la courbe.
  • Sortez le genou dans la direction du virage (vers l’intérieur de la courbe) un peu comme les motocyclistes qui font de la compétition. Ce simple mouvement vous aspire littéralement dans la courbe en abaissant votre centre de gravité. Expérimentez d’abord dans des descentes faibles avec des courbes pas trop prononcées : vous serez étonnés du résultat.
  • Une variante de la technique précédente consiste à rapprocher le genou de la potence et à pousser sur le guidon pour ainsi pencher le vélo : par exemple, si vous virez vers la droite, vous approchez le genou droit de la potence (vous levez ainsi la pédale du côté droit) et vous poussez le cintre (dans la zone courbée du guidon) avec la main droite.
  • Regardez au loin pour voir les voitures qui approchent et ainsi ne pas vous faire surprendre si vous êtes un peu trop à l’extérieur dans la courbe.
  • Une courbe se prend toujours de l’extérieur vers l’intérieur : si vous virez à droite, vous devez d’abord vous positionner le plus possible à gauche de la chaussée pour ensuite corriger votre position le plus possible vers la droite lorsque vous êtes à l’intérieur de la courbe. Soyez très vigilant lors de ces manœuvres (trafic automobile et gravillon dans les courbes).
  • Utilisez les deux freins (avant et arrière) pour éviter de bloquer vos roues.
  • Si vous êtes chargés et qu’il fait chaud, arrêtez à l’occasion pour éviter la surchauffe des jantes qui peuvent faire éclater vos pneus.

Les trucs du métier

La cadence de pédalage idéale se situe aux alentours de 80 à 90 tours minutes (100 à 110 si vous êtes un cousin de Lance Armstrong). Si vous n’avez pas la cadence sur votre compteur, comptez le nombre de fois que votre genou droit monte dans un intervalle de 15 secondes et multipliez par quatre. Plus vous serez capable de tenir une cadence élevée, meilleures seront vos relances. Bien entendu, votre cardio sera plus sollicité!

Pour les amateurs de chiffres absolus, sachez que la cadence moyenne des coureurs pro est de 92 rpm : notez qu’il s’agit d’une moyenne sur une étape et qu’il y a peu de variation entre les coureurs.

Pédalez tout le temps : même dans les descentes! Vous aurez ainsi un rythme plus constant ce qui sera certainement apprécié des cyclistes qui vous suivent.

Pédalez « rond » : apprenez à pousser et tirer en même temps sur les pédales. Avec des fixations automatiques et de bonnes chaussures, vous serez étonné de la puissance que vous pouvez développer.

Apprenez à tenir le guidon d’une seule main tout en restant stable : vous serez ainsi en mesure de boire ou manger en roulant. Les plus habiles peuvent lâcher complètement le guidon. Assurez-vous cependant de ne pas être suivi de trop près lorsque vous faites de telles manœuvres.

Hydratez vous régulièrement : buvez avant d’avoir soif. Si vous avez soif, vous êtes déjà déshydraté! Apportez de préférence un bidon de boisson énergétique et un bidon d’eau. Dans le même ordre d’idée, mangez avant d’avoir faim. Votre dépense énergétique est énorme, surtout si vous faites 4 ou 5 heures de vélo. De plus, n’oubliez pas que le repas le plus important est le souper de l’avant veille.

Ne partez pas une sortie en trombes : laissez le temps à votre peloton de se réchauffer (10 – 15 minutes) avant d’atteindre la vitesse de croisière annoncée.