L’heure de vérité !

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Du cycliste débutant au cycliste expert, chacun voit en sa pratique cycliste des objectifs divers. Mais comment se comporter face aux situations ?

De la simple approche sanitaire pour être en meilleur et bonne santé, en passant à celle ludique et/ou liée au plaisir ressenti à s’adonner à l’activité, à celle finalisée par la compétition et à la recherche de performance sous toute ses formes ; chacun voit les effets de sa pratique justifiés.

Mais qu’en est-il des cyclistes chevronnés et compétiteurs, ont-ils tous les mêmes buts, la même définition de la performance ? Lorsqu’ils se présentent au départ d’une course, voient-ils tous leurs désirs converger vers la seule victoire ?

Occultons les différents pans de la motivation du cycliste et ce pourquoi il prend le départ d’une course, de l’athlète qui vient accumuler les kilomètres à allure de course en vue de se préparer à celui qui vise la seule victoire, en passant par celui qui recherche à progresser, aider ses partenaires ou juste prendre le départ pour s’amuser et ressentir les effets et vivre les joies et les émotions d’une course.

Intéressons-nous à celui qui prend le départ d’une course pour performer quel que soit son niveau de pratique.

La gagne !

Prendre le départ d’une course avec cela en tête, en dit long sur la motivation intrinsèque de l’athlète. Hors de question de tergiverser sur son objectif premier et en route pour un moment de haute concentration et où tout sera mis en place pour aller vers cette victoire.  Concentration, application, anticipation et don de soi seront alors les maîtres mots de l’instant compétitif.

Ce qu’il faut faire …

  • Formaliser à ses adversaires du jour, par son comportement en course; son statut de leader, de cycliste à battre et de futur et potentiel vainqueur; en montrant qu’en toute occasion, vous voulez gagner ;
  • Prendre des risques pour gagner et alors accepter de perdre ;
  • Connaitre ses points forts et ses points habituels et apprécier ceux de ses adversaires ;
  • Quantifier son état de forme et de fatigue en course et ceux de ses concurrents ;
  • Valoriser l’initiative et donc l’échec en se projetant le plus vite possible dans la course suivante. Mentalement, garder à l’esprit que l’erreur est positive et formatrice pour mettre en place de nouvelles stratégies et nouveaux apprentissages susceptibles de vous faire gagner la prochaine fois.

 

La performance !

A chacun sa définition et son niveau recherché de performance. A chacun de mettre en place les conditions d’émergence de cette dernière; et à chacun d’identifier, d’objectiver, de quantifier sa performance.

Performer signifie, accomplir, réaliser, faire des choses ;

  • donc, le simple fait de prendre un départ revêt pour certain une performance digne de sens ;
  • alors que pour un autre, c’est accomplir un objectif quantifié en terme de vitesse sur un contre la montre, en terme de place sur une course en ligne ou encore autres finalités souhaitées.

Mais n’oubliez pas que la performance sportive reste un résultat chiffré, identifiable et comparable !

Ce qu’il faut faire…

  • Identifier, quantifier avant le départ, ses objectifs du jour ;
  • Ne pas hésiter à les verbaliser à son entraîneur, staff ou autre personne susceptible de suivre et intervenir dans la course, telle que ses partenaires – ou encore les écrire sur son carnet d’entraînement en amont ;
  • Mettre tous les moyens en œuvre en amont de l’épreuve, qu’ils soient physiques, mentaux, matériels ou encore diététiques pour y parvenir (entraînements ciblés, démarche mentale, préparation du vélo et de ses rations de course par exemple) ;
  • Quel que soit le niveau de la performance escomptée et réalisée, l’évaluer par rapport à autrui ou à soi-même ;
  • Ainsi, attester de la progression ou non; une année sur l’autre (place, temps, sensation…) et la comparer à athlètes référencés plus ou moins forts à l’accoutumé ;

 

La simple participation !

Comme on le prête à Pierre de Coubertin, l’essentiel, serait de participer ! Or, le baron n’a jamais eu un tel discours et se serait inspiré d’un sermon de Ethelbert Talbot, Évêque de Pennsylvanie qui précisément clamé que « le plus important […] n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu« .

Ainsi, la simple participation n’a de sens que si elle est également objectivée. Prendre le départ d’une course, quel que soit la portée et l’importance de l’enjeu, répond à une finalité fournissant les lignes directrices au cycliste et induisant sa manière de concourir.

Ce qu’il faut faire…

  • Une fois encore, identifier véritablement le « pourquoi » de sa participation à l’épreuve, même s’il est à cent lieues de son niveau d’attente et de production habituelle.
  • Quoiqu’il en soit, la course sera pour vous une course de référence. Pour cela, objectiver réellement vos attentes :  »finir l’épreuve, me tester sur un domaine particulier, voir où j’en suis, me ré acclimater à l’effort spécifique d’une course, reprendre de la confiance, des automatismes; tant de buts possibles et imaginables.« 

 

L’alibi, l’excuse !

Justifier en permanence une mauvaise, une contre-performance, en l’attribuant à des faits extérieurs à sa motivation et à son état de forme; voilà ce que revêt un rempart, un refuge, un alibi à la vérité.

‘‘Je ne comprends pas j’avais des jambes, je suis entraîné, je suis fort; mais….. l’environnement, le contexte étaient contre moi », ou »s’il n’y avait pas eu tels ou tels conditions et/ou incidents, j’aurai performer » Voilà, ce que l’on entend souvent aux abords de la ligne d’arrivée ou dans les discours post course des cyclistes se cherchant des excuses. Veillez à vous prémunir de telles pensées et schémas de recours; sous peine d’anticiper et de préparer alors l’échec, pour mieux se dédouaner et garder socialement la face.

Ce qu’il faut faire… Ou plutôt ne pas faire !

  • Ne pas surévaluer ses potentialités au risque d’être déçu et tomber dans ce travers.
  • Identifier finement ses objectifs avec le plus de réalisme possible. Pour ce faire, faites appel aux conseils avisés de votre entraîneur ou des athlètes qui vous connaissent, roulant avec vous en compétition et/ou à l’entraînement.

Même si la notion de l’abandon ne représente qu’un épiphénomène face à celle l’alibi, elle la suggère et oriente la dérive, la pose du pied à terre. C’est pourquoi restez centré sur la tâche du jour, même si elle est jugée comme éprouvante moralement; mais terminez la pour ne pas s’habituer à l’abandon.