Une alimentation sans gluten !

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De plus en plus de sportifs modifient leur alimentation et suppriment le gluten pour améliorer leurs performances.

Et dans les sports d’endurance, le sans gluten se répand à toute allure. Pourtant, aucun de ces sportifs de haut niveau n’est intolérant au gluten…

L’intolérance au gluten

Le gluten est un ensemble de protéines qu’on retrouve dans certaines céréales comme le blé, le seigle, l’épeautre, l’orge ou le kamut. Chez certaines personnes le gluten peut provoquer une réaction du système immunitaire au niveau de l’intestin qui se retrouve attaqué jusqu’à être partiellement détruit, on parle d’intolérance au gluten ou de maladie cœliaque (les deux termes sont synonymes). L’intolérance au gluten touche 2 à 5% de la population. Elle se caractérise par des troubles digestifs et l’apparition de maladies dites associées : diabète de type 1, thyroïdite de Hashimoto, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, syndrome de Goujerot Sjogren, etc. Le seul traitement efficace connu consiste à mettre en place une alimentation sans gluten, à vie.

Mais si les sportifs de haut niveau n’ont pas la maladie cœliaque, pourquoi éliminent-ils le gluten de leur alimentation ?

Le gluten perturbe

la digestion

Le gluten a la consistance d’une pâte épaisse et c’est grâce à lui que la pâte à pain possède cette élasticité caractéristique. Mais notre tube digestif ne dispose pas des enzymes nécessaires pour digérer complètement le gluten, tant et si bien que pour essayer de digérer les derniers morceaux de protéines, l’estomac va produire des acides de manière exagérée ce qui se manifestera par des lenteurs digestives ou du reflux gastro-œsophagien. Au niveau de l’intestin le gluten peut agir comme une colle et bloquer les mouvements normaux de cet organe : cela se manifeste alors par des ballonnements, de la constipation ou des diarrhées, même en l’absence d’intolérance au gluten. Ces problèmes ont déjà poussé de nombreux sportifs professionnels à supprimer le gluten de leur alimentation. C’est notamment le cas de Timmy Curran (surfeur professionnel), Amy Yoder Begley (coureur olympique), Timothy O’Donnell (triathlète) ou Tom Kostopoulos (hockey).

Le gluten engendre

un état inflammatoire chronique

Peu de recherches ont été menées pour évaluer la toxicité des nouveaux blés OGM que l’on consomme actuellement mais quelques études suggèrent que ces blés engendrent un état inflammatoire chronique. Récemment une étude menée sur des rats a mis en évidence que le gluten augmente le niveau du facteur de nécrose tumorale (TNF-alpha) et d’interleukines 6 et 10, signifiant que le gluten plaçait les animaux dans un état inflammatoire chronique qui prédisposerait les athlètes aux blessures articulaires ou tendineuses. Chez l’homme, une étude canadienne sur plus de 1000 volontaires a trouvé un lien entre la consommation de gluten et un état d’inflammation chronique. C’est ce qu’a vécu Dana Vollmer, une nageuse Américaine. Après avoir décroché une médaille d’or à l’épreuve du relais 4 x 200 mètres nage libre aux Jeux Olympiques d’Athènes (2004) elle ne cessera de vivre entre blessures et contre-performances jusqu’à ce qu’elle entame un régime sans gluten en 2011. Lorsqu’elle se présente ensuite aux jeux Olympiques de Londres 2012, elle pulvérise le record du monde du 100 mètres papillon, le record du monde du relais 4 x 100 mètres quatre nages et repart avec 3 médailles d’or.

Le cas de Djokovic est tout aussi éloquent. Avant de devenir un modèle de forme physique dans le tennis, Novak Djokovic a longtemps été victime de troubles respiratoires et de baisses de forme comme en 2010 à l’Open d’Australie, où il est battu par Tsonga. C’est un médecin serbe, le Dr Igor Cetojevic, qui diagnostique chez lui une sensibilité particulière au gluten. Or, comme beaucoup de sportifs, Djokovic a été élevé dans la croyance que pour être performant, il faut manger de grandes quantités de pain, de pâtes, de riz, voire de pizzas ou de crêpes. Avec l’arrêt du gluten, Djokovic voit ses problèmes respiratoires disparaître, et ce n’est pas la seule conséquence.

Le gluten affecte

les performances

Les chercheurs ont en effet mis en évidence que le gluten activait les récepteurs des proliférateurs de peroxysomes (PPAR gamma), des récepteurs qui modulent l’activité de gènes qui contrôlent le métabolisme du glucose et des acides gras, diminuant la sensibilité à l’insuline et favorisant le stockage du glucose sous forme de graisses corporelles. Comme d’autres, Novak Djokovic va voir ses performances physiques s’envoler avec un régime sans gluten : son meilleur métabolisme énergétique lui permet de mieux utiliser les aliments pour fournir de l’énergie. Ainsi, lors de l’open d’Australie en 2012 il remporte face à Nadal la plus longue finale de l’histoire du Grand Chelem (5h53).

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un régime sans gluten ne diminue donc pas les performances et pourrait même les améliorer. Le Dr Jean-Jacques Menuet, qui suit l’équipe cycliste Sojasun rapporte que lors du dernier Tour de France, il a mis 3 des 9 membres de l’équipe à un régime sans gluten, avec des résultats réellement satisfaisants.

 

Le sans gluten dans les maladies

auto-immunes du sportif

Excellent milieu de terrain de l’AS Saint-Étienne, le footballeur argentin Alejandro Alonso a récemment été contraint d’arrêter sa carrière en raison d’une maladie incurable, la spondylarthrite ankylosante. La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire chronique qui touche surtout la colonne vertébrale (lombaires) et les articulations du bassin. Cette maladie évolue par crises très douloureuses. Avec le temps, elle cause une ankylose vertébrale. Cette maladie a aussi contraint la joueuse de tennis Tatiana Golovin à mettre un terme à sa carrière en 2009. Mais le gluten semble clairement impliqué dans cette maladie, comme dans d’autres (polyarthrite rhumatoïde). Aujourd’hui de plus en plus de malades rapportent une amélioration importante de leur état de santé avec l’aide d’un régime sans gluten.