…région périnéale !

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Focus sur l’anatomie pelvienne (Le bassin)

  • Les tubérosités ischiatiques (1) sont les repères osseux au point du bassin le plus bas.
  • Les branches pubiennes (2) sont les structures osseuses étendant tirées des tubérosités ischiatiques vers l’articulation cartilagineuse connue sous le nom de la symphyse pubienne.
  • L’arc pubien (3) se réfère aux parties supérieures des branches pubiennes, au-dessous de la symphyse pubienne (4).

Les pathologies sont fréquentes et diverses chez les cyclistes : les lésions périnéales sont gênantes voire invalidantes pour un sportif dont l’entraînement nécessite de nombreuses heures de selle.

Parmi les lésions périnéales du cycliste, il faut distinguer les lésions cutanées des lésions sous-cutanées : hygroma et 3éme testicule qui sont spécifiques du cycliste.

Les lésions cutanées de frottements et les douleurs au niveau des tubérosités ischiatiques disparaissent rapidement avec l’entraînement.

L’hygiène, la qualité du cuissard et de la selle, l’application de crèmes cicatrisantes sur le périnée après la douche :

  • les mycoses disparaissent avec des crèmes dermiques spécifiques.
  • les prolapsus hémorroïdaires peuvent bénéficier d’une nouvelle technique chirurgicale qui réduit la durée de convalescence post-opératoire.
  • beaucoup plus gênants sont les kystes épidermiques, uniques ou multiples. De petite taille après un repos ils peuvent devenir inflammatoires après quelques heures de vélo et s’abcéder.

Des crèmes anti-inflammatoires et/ou anti-septiques peuvent améliorer la situation mais le seul traitement durable est chirurgical : il faut faire l’ablation du kyste et de sa capsule.

Une intervention sous anesthésie locale dans une période non inflammatoire peut résoudre le problème et permettre de reprendre rapidement l’entraînement.

Les lésions sous-cutanées sont spécifiques du cycliste et surviennent généralement au-delà de 10 000 Km par an.

  • L’hygroma ischiatique

L’hygroma est une inflammation d’une bourse séreuse. Une bourse séreuse est un petit coussinet qui protège les tendons. L’hygroma ischiatique siège en regard de la tubérosité ischiatique, il peut être uni ou bilatéral. En cas de bilatéralité, les deux hygromas ne sont pas forcément de la même taille. Au début il s’agit de petites lésions inflammatoires profondes sans adhérence avec la peau régressant dans les périodes de repos. Secondairement l’hygroma peut prendre un volume important, devenir inflammatoire se présentant comme une tuméfaction sous-cutanée rouge et douloureuse. Ces hygromas sont liés à la compression de la bourse séreuse ischiatique, on peut les comparer à ceux de la bourse séreuse rotulienne chez le carreleur ou le religieux qui restent longtemps à genou. Le traitement dépend du stade évolutif de la maladie. Au début, au stade de petite lésion inflammatoire ischiatique récidivante, une infiltration de corticoïdes va scléroser l’hygroma. Il pourra persister un petit cordon induré mais il ne sera plus douloureux, ni évolutif. Plus tard la lésion est persistante, la poche est constituée. Une échographie et une ponction vont confirmer la nature liquidienne de la lésion et évaluer l’épaisseur de la« coque ». A ce stade seul le traitement chirurgical peut faire l’ablation de la bourse séreuse et obtenir une guérison. En effet une ponction, voire une incision ne ferait que vider l’hygroma sans en faire l’ablation. La récidive serait certaine car la coque continuerait à sécréter. Il faut intervenir sous anesthésie générale dans une période ou la lésion a bien régressé pour éviter une trop grande cicatrice.

  • Le troisième testicule du cycliste

Cette lésion n’est pas inflammatoire. C’est une fascite développée aux dépends de l’aponévrose réalisant un nodule fibreux. Elle siège derrière les bourses, elle est mobile, peut atteindre la taille d’un testicule et est parfois bilatérale C’est une lésion persistante qui, une fois constituée, ne disparaîtra pas, même à l’arrêt du vélo. La peau en regard est distendue comme une bourse, à l’opposé de l’hygroma. Elle n’est pas douloureuse mais très gênante car cette boule s’interpose entre la selle et le périnée et rend la position et le pédalage difficiles. L’échographie confirme le caractère solide de la lésion. L’origine de ces fascites est encore discutée. On peut penser que si la selle est trop haute il existe à chaque coup de pédale un déhanchement entraînant un effet de succion sur la peau et l’aponévrose, ce qui à long terme produirait cette masse tissulaire. Ceci pour expliquer les lésions bilatérales. Une inégalité de longueur des membres inférieurs pourrait expliquer par le même mécanisme une lésion unilatérale. Le traitement est chirurgical, il faut faire l’ablation de la tumeur et réaliser une plastie cutanée afin de retirer la peau surnuméraire.

 

Engourdissement de la région génitale

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Les douleurs reliées à la selle sont aux cyclistes ce que les fascistes plantaires sont aux joggers et les déchirures de la coiffe des rotateurs aux nageurs (imaginez un triathlète maintenant!!). Les maux de selles sont de types variés allant de la simple irritation à la compression du nerf innervant la région. Le fait de supporter une grande partie du poids corporel sur une petite surface rigide durant de longue période n’est pas étranger au problème. Pour ajouter au problème, la rigidité de la selle est souvent proportionnelle à la vitesse et au volume d’entrainement du cycliste. Cette pression répétée peut, chez certain cycliste, créé des symptômes d’engourdissement voir d’incontinence ou d’impotence de la région génitale. C’est ce qu’on appelle le syndrome du cycliste ou en terme médicale la neuropathie honteuse. Nous ferons une étude approfondie de la séquence des événements menant à ce syndrome, des structures impliqués et bien sur nous terminerons par quelques conseils préventifs et pistes de traitement.

Selle trop étroite, bec de selle vers le haut, selle trop haute, assise hors du creux de selle. Position en bec de selle suite à un mauvais recul de selle ou un guidon trop éloigné. La plupart du temps le cycliste a la selle trop reculée pendant le pédalage sur la route et non pas en cinq minute sur un home traîner le cycliste avance sur la selle , la zone au contact de la selle diminue et la pression augmente. Le cycliste doit être assis sur le creux de selle et la selle doit avoir le bon recul et la bonne hauteur.

Dans certains cas il faut aussi analyser la qualité de la selle. En effet certaines selles du marché sont très belles en vitrine mais lorsque vous les prenez en main et que vous appuyez sur le revêtement vous pouvez parfois sentir un écrasement rapide de quelques millimètres et ensuite une zone de contact dure , pour peu que la largeur du bec soit « importante » et que la selle soit plate au lieu d’avoir un bec arrondi vous aurez une zone de contact très dure qui provoquera des pathologie et cela peut aller jusqu’à l’agression du nerf honteux.

La selle , tout comme les chaussures est une accessoire primordial lorsque l’on achète un vélo et bien peu de personnes savent faire le bon choix.

Trop de cyclistes pensent qu’il est normal de souffrir sur le vélo.