Les chaines musculaires…

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La plupart des programmes d’entraînement, de ré-athlétisation ou de rééducation se focalisent sur le squelette et les muscles : L’outil de travail est la planche anatomique classique.

Généralement les fascias, le tissu conjonctif qui entoure les fibres musculaires et les muscles, sont laissés de côté. Pourtant, ils font partie du muscle. Pas uniquement en tant qu’enveloppe ou que peau : ils s’insèrent jusque dans les cellules musculaires, ils deviennent progressivement tendons puis os. Ils sont la base des chaînes musculaires et donc la base de l’entrainement fonctionnel.

Le fascia affecte la structure et la fonction des muscles. Il influence directement la posture et la transmission des forces.

Anatomie du fascia

Il existe, dans le corps humain, 4 types de tissus (épithélial, nerveux, musculaire et conjonctif). La démarcation est très artificielle, normative. En fait, ils interagissent les uns sur les autres et ne sont pas abrupts : ils se mélangent, fusionnent pour produire un ensemble cohérent.

Le tissu épithélial est une forme de tissu permettant la délimitation entre intérieur et extérieur (la peau, le revêtement des organes, etc.). Il est impliqué dans la sécrétion (glandes notamment) et l’absorption (membrane cellulaire).

Le tissu nerveux présente une fonction de communication, de contrôle. Il envoie et fait circuler des informations électriques ou chimiques du cerveau vers toutes les parties de l’organisme (pour ce qui nous intéresse vers les muscles).

Le tissu musculaire, quant à lui, a pour fonction principale la contraction (cœur, vaisseaux sanguins, fibre musculaire squelettique, tube digestif, etc.). Au niveau du muscle squelettique, sa fonction contractile est le maintien de la posture et la création de mouvement (il possède d’autres fonctions notamment dans la régulation de la température).

Le tissu conjonctif est le tissu qui maintient tout l’ensemble. Le fascia viscéral et pariétal va permettre le positionnement des viscères, le cartilage est un tissu qui protègera les articulations. Les ligaments vont servir de soutien passif au squelette. L’os est également un tissu conjonctif. Ce tissu conjonctif dense est le chainon entre les différents tissus (connexion solide des ligaments et des tendons par exemple). L’os est ainsi considéré comme un type de tissu conjonctif et le revêtement extérieur sur l’os (périoste) est un type de bordure qui assure une connexion solide pour les ligaments et les tendons.

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Le fascia est composé de fibres réticulaires (collagène) et de fibres élastiques (élastine) au sein d’une matrice extracellulaire (MEC), substance fondamentale. La densité (élevée) des fibres de collagène est ce qui donne sa force et sa structure au fascia profond. La quantité de fibres d’élastine détermine l’extensibilité et l’adaptabilité du tissu.

Plusieurs types de cellules composent cette matrice

Les fibroblastes en sont des éléments fondamentaux. Ce sont eux qui sont responsables de la fabrication du tissu et donc de la réparation, en créant un tissu cicatriciel.

Bien que surtout connu pour son rôle dans les allergies, les mastocytes sont également présent dans la MEC et jouent un rôle protecteur important, notamment dans la cicatrisation des plaies et de la défense contre les agressions.

Des macrophages, les globules blancs, sont présents lorsque nécessaire au sein des fascias. Leur rôle est de consommer et de digérer les débris cellulaires et les éléments pathogènes (virus) soit en tant que cellules fixes, soit en tant que cellules mobiles. ils stimulent également les lymphocytes et autres cellules du système immunitaire afin de les faire réagir à l’agent pathogène.

En raison de sa nature et de sa composition diversifiée, la MEC peut servir à de nombreuses fonctions, telles que le soutien et l’ancrage des cellules entre elles, des tissus séparant les unes des autres et de réguler la communication intercellulaire.

La plasticité et la souplesse de notre fascia sont liées à :matrice1

  • La quantité et la qualité des fibres de collagène et d’élastine
  • La cohérence de la substance fondamentale (organisation)
  • L’hydratation des tissus.

De nombreux facteurs influencent cela, comme notre alimentation, notre posture, les habitudes de déplacement et le niveau de stress mécanique et émotionnel.

Ainsi, comme nous venons de le voir, la séparation que l’on peut habituellement lire est purement artificielle pour simplifier la communication. La réalité est tout autre et forme un tout interdépendant. Dire que l’on entraîne un muscle de manière isolée est une idée saugrenue qui n’a pas de réalité au sein de l’organisme. Voyons plutôt comment tout cela s’imbrique de manière fonctionnelle.