Les fonctions motrices !

Kinesiology

Naturellement, nous utilisons des fonctions motrices de base, les fonctions primaires. Elles suivent des règles simples qui permettent au cerveau de reconnaître l’emplacement et le positionnement exact de chaque partie de notre corps.

C’est la coordination. Sans le respect de ces règles (compensations), le cerveau suppose, imagine et au final produit des mouvements imprécis.

L’utilisation des trois plans

C’est la base ! Il est nécessaire de créer des mouvements utilisant les trois plans de déplacement. Il sera nécessaire d’inverser l’ordre des exercices ‘classiques’ à savoir faire dominer le plan Transverse pour rééquilibrer les déficits de l’entraînement traditionnel.
De même, c’est la fonction motrice à travailler qui doit décider du plan dominant d’un exercice, et non une zone musculaire spécifique. Ainsi, on évitera au maximum d’utiliser de manière dominante un plan de déplacement qui n’est pas nécessaire dans la fonction motrice cible.

La gestion des exercices d’isolation par rapport aux exercices intégrés

L’exercice d’isolation est un exercice visant à travailler un seul muscle dans une seule de ses fonctions motrices. L’exercice intégré est soit le travail d’un muscle dans l’ensemble de ses fonctions motrices, soit le travail de ce même muscle en synergie avec les autres muscles de sa chaîne musculaire, soit un mélange de ces deux solutions. En effet, chaque fonction motrice mobilise une réaction en chaîne. Un mouvement est composé d’une multitude de gestes unitaires. Il impliquera donc un grand nombre de muscles. L’exercice d’isolation fixera la chaîne musculaire, l’empêchant de créer une synergie naturelle globale, pouvant créer des déséquilibres préjudiciables. Ainsi, on différenciera la notion de séance d’entraînement avec l’entraînement ou le cycle de développement. Le cycle/entraînement débutera par un renforcement des zones faibles (si nécessaire) pour se terminer sur une globalisation. Cette dernière étant l’insertion de la zone renforcée dans le mouvement. La séance, quant à elle, suivra un cheminement différent. Elle se fera en deux étapes :

  • Travail sur des mouvements primaires où la zone à renforcer n’intervient que faiblement.
  • Puis renforcement de cette zone particulière (par exemple en débutant par de l’isométrie, de l’excentrique pour terminer par un cycle complet excentrique-concentrique).

La gestion de la gravité et donc de l’orientation des forces

La gravité est la seule force extérieure qui régit les mouvements courants. Le positionnement du corps et des charges doivent correspondre à l’activité visée et reproduire la gravité à des niveaux différents (à des charges différentes).
La création des exercices sera opérée de manière à ce que la pesanteur produise son effet (pousser, tirer…).
Aussi, il sera possible d’utiliser une charge pour simuler cette gravité dans un autre plan. Les exercices doivent utiliser la relation entre la gravité, le poids et le sol (ou l’engin) : c’est la réaction au sol, la force appliquée au bon endroit qui définira l’intérêt de l’effort.

La charge naturelle (poids du corps) par rapport à la charge externe

Le choix de la charge doit être faite entre intrinsèque ou externe (poids du corps, haltères, etc.) et doit correspondre à la tâche fonctionnelle.
Les machines créaient de la confusion par rapport à la gravité. Il faudra donc orienter la charge dans le bon sens (simulation d’une chute au sol par rapport à un corps vertical).

La stabilité

Quand est-on stable, quand est-on en réaction protectrice ?
Les questions traditionnelles qui se posent dans l’entraînement visant la stabilité (gainage) sont : est-ce que cet exercice est fonctionnel ? Est-ce qu’il apporte un intérêt pour le mouvement global ?
Ainsi, le gainage statique (la planche habituellement proposée) est-elle en relation avec la mobilité ou est-ce simplement une solution passagère pour acquérir un niveau minimum permettant de produire d’autres exercices plus performants ?

La gestion consciente et inconsciente des gestes

L’activité inconsciente est-elle réactive (réflexe musculaire myotatique par exemple) ?
Les gestes sont produits de deux manières : réflexe ou volontaire. L’activité réflexe est réactive (inconsciente, le réflexe musculaire myotatique par exemple). L’activité volontaire est intégrée, c’est–à-dire apprise.
L’analyse d’un geste (la réflexion durant le geste) provoque une restriction inconsciente de ce dernier (et donc de la performance). L’athlète se représente ce qu’il pense être le bon mouvement et bloque les autres possibilités (notamment la partie réflexe qui inclus le bon fonctionnement de la chaîne musculaire dans son ensemble).
Il faut donc d’abord entraîner les réponses inconscientes (choix du timing, de la chronologie des gestes) pour produire ensuite une fonction motrice inconsciente. Ce n’est que la répétition de ce geste global qui produira la performance. Les gestes isolés ne sont que des exercices visant à rendre possible une portion du mouvement, là où il y a un blocage.
Ainsi, trop isoler les gestes est un piège qui obligera une recherche consciente des réponses appropriées.

L’équilibre excentrique-concentrique

ExcenConcen

Pour chaque mouvement, il est nécessaire de trouver le bon séquençage du mouvement (la bonne chronologie).
La tension excentrique (étirement) précède presque toujours la fonction concentrique (raccourcissement). Les exercices doivent produire ce séquençage précis.
Par exemple lors de la marche ou de la course à pied, toute la production de force est précédée d’une force d’absorption (amortissement par étirement du mollet puis poussée au niveau de la cheville par raccourcissement de ce même mollet).
L’excentrique est donc le composant principal de la force de réaction du mouvement (et l’aspect pliométrie).

Le travail proprioceptif guidé et libre

Il faut connaître les récepteurs sensoriels pour comprendre ce qu’ils sont, ce qu’ils apportent. Ensuite on pourra proposer des exercices en conformité avec les tests d’évaluation.
Il sera donc nécessaire de présenter un exercice multi-solutions en relation avec l’objectif (pas de travail proprioception sur un seul plan, sur un seul type de récepteur) : l’exercice proprioceptif doit permettre l’apprentissage de la réaction inconsciente attendue lors du mouvement.
Les exercices guidés n’offrent que des mouvements sur un seul plan au niveau proprioceptif (le corps recherchera la solution multi plans, mais le cadre limitera l’expression des solutions, créant des déséquilibres voir des blocages, des blessures de type tendinite).

La gestion du schéma moteur et du timing correspondant

Connaître et utiliser les schémas primaires est la base des exercices fonctionnels. Les mouvements doivent commencer et finir avec un contrôle complet et correct. C’est la gestion de la bonne chronologie excentrique-concentrique. Sans cela, pas de contrôle du mouvement.
La réussite passe donc par la bonne chronologie biomécanique (rotation de la cuisse avant son abduction par exemple).

L’utilisation de tous les composants moteurs d’une chaîne musculaire

Tous les composants d’une chaîne musculaire doivent être exploités. L’acquisition de la stabilité, la souplesse, la puissance, l’agilité, l’équilibre, l’endurance, etc. sont toutes des priorités : le mouvement est un tout.
Chaque composant doit donc être inclus ou exclu des exercices en fonction des objectifs et non des capacités du pratiquant.

Le choix des exercices à chaîne ouverte ou fermée

Chaque fonction motrice est l’enchaînement permanent d’ouverture et de fermeture des chaînes musculaires. L’entraînement doit en tenir compte.

Le lien avec l’objectif ou le sport cible

Le lien existe si l’on peut deviner ce que l’on entraîne en observant les exercices.
De plus, les composants de fin de geste doivent être inclus dans l’entraînement fonctionnel (toutes les gestes inclus dans un mouvement comptent).

La gestion du plaisir, des encouragements et au final de la réussite

  • Si on se fait plaisir, il y a des chances que cela soit fonctionnel.
  • Peut-on donner des informations sur le déroulement de l’exercice (feed-back) ?
  • Est-ce que je présente à l’athlète toutes les chances de réussite ?