Les qualités physiques !

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Tantôt qualifiées de capacités motrices ou physiques, d’aptitudes ou de potentialités, les qualités physiques, de par leurs interrelations internes mais aussi de par leur versant psychologique (l’endurance générale organique en relation avec l’endurance psychique, par exemple) sont l’objet de nombreuses publications. Actuellement, les qualités physiques sont divisées en deux groupes :

  • Le groupe qui fait appel à la condition physique, il se fonde sur les processus énergétiques et on y trouve l’Endurance, la Vitesse et la Force.

  • Le groupe qui fait appel à la coordination, il dépend des processus de contrôle du système nerveux et on y trouve la Souplesse et la Coordination (l’adresse).

Nous définirons les qualités physiques comme étant les éléments de base sur lesquels repose la performance. Elles sont les matériaux de construction des prestations physiques.

Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres mais s’influencent réciproquement.

L’Endurance

L’endurance est la capacité physique et psychique que possède l’athlète pour résister à la fatigue. Cette capacité de maintenir un effort le plus longtemps possible dépend d’un certain nombre de critères mis en jeu, tels que la musculature concernée, le type de contraction musculaire demandé, les qualités physiques sollicitées, les processus énergétiques dominants, la durée et l’intensité de l’effort et la discipline pratiquée. L’endurance correspond à des efforts dynamiques, courir, sauter, nager, ramer, pédaler… en faisant appel au processus énergétique. Elle peut se décomposer en différents types d’endurance, on peut définir l’endurance aérobie, l’endurance anaérobie lactique et l’endurance anaérobie alactique.

(Pour plus d’informations, voir les cours sur les filières énergétiques et les processus énergétiques et les exercices types)

Endurance Aérobie :

L’endurance aérobie est liée à l’augmentation du VO2Max (le Volume maximal d’oxygène consommé) c’est à dire que les facteurs limitant sont :

  • la ventilation pulmonaire,
  • la capacité de diffusion pulmonaire,
  • le débit cardiaque,
  • la capacité de transport de l’oxygène par le sang,
  • les fibres musculaires sollicitées.

Les facteurs limitant à l’endurance aérobie sont le VO2Max et la capacité de son utilisation, ainsi que la hauteur du seuil anaérobie. L’endurance aérobie peut se décomposer en endurance aérobie de longue durée et en endurance aérobie de courte durée :

Endurance Aérobie de longue durée (Capacité) : C’est l’endurance de base dont les efforts continus se prolongent de 1 heures et 30 minutes à 8 heures. Elle peut se décomposer en Capacité Aérobie – Endurance Fondamentale (I1) durée limite de 8 heures, en Capacité Aérobie – Endurance Moyenne (I2) durée limite de 4 heures et en Capacité Aérobie – Endurance Critique (I3) durée limite de 2 heures et 30 minutes. Elle fait appel au métabolisme aérobie dont l’oxygène, les acides gras et le glucose sont les substrats essentiels.

Endurance Aérobie de courte durée (Puissance) : C’est l’endurance dont les efforts continus sont d’une durée de 2 minutes à 1 heures et 30 minutes. Elle peut se décomposer en Puissance Aérobie – Résistance Volume (I4) durée limite de 1 heure et 30 minutes, en Puissance Aérobie – Résistance Critique (I5) durée limite de 1 heure et en Puissance Maximale Aérobie – Résistance Maximale (I6) durée limite de 10 minutes. Elle fait appel au métabolisme aérobie (90% à 20%) et anaérobie (10% à 80%), dont l’oxygène, le glucose, mais aussi l’utilisation de l’acide pyruvique avant sa fermentation et son passage dans le sang sous la forme d’acide lactique sont les substrats essentiels.

Endurance Anaérobie Lactique :

Elle correspond à des efforts dynamiques, à des intensités maximales, faisant appel au processus énergétique anaérobie lactique. La durée maximale des exercices varie entre 20 secondes et 2 minutes. Le glucose sans apport d’oxygène est le substrat dominant essentiel. Pour les efforts supérieurs en durée, l’accumulation du lactate devient importante (supérieure à l’élimination) la capacité à supporter cette acidose est un des facteurs limitants. Les facteurs limitant sont le stock de glycogène intramusculaire et la faculté de résister à l’acidose lactique.

Elle peut se décomposer en Capacité Anaérobie Lactique – Endurance Lactique (I7) durée limite de 2 minutes et en Puissance Anaérobie Lactique – Résistance Lactique (I8) durée limite de 45 secondes.

Endurance Anaérobie Alactique :

Elle correspond à des efforts dynamiques, à des intensités maximales, faisant appel au processus énergétique anaérobie alactique. La durée maximale des exercices varie entre 7 secondes et 20 secondes. L’ATP (Adénosine Triphosphate) et la CP (Créatine Phosphate) sans apport d’oxygène sont les substrats dominants essentiels. Les facteurs limitants sont les stocks d’ATP et de CP intramusculaire. Elle peut se décomposer en Capacité Anaérobie Alactique – Accélération (I9) durée limite de 20 secondes et en Puissance Anaérobie Alactique – Vitesse / Force (I10) durée limite de 10 secondes.

La Vitesse

La vitesse est la capacité d’accomplir des actions motrices dans un temps minimal. C’est une qualité complexe qui se décompose en trois facteurs essentiels :

Vitesse de réaction :

Elle se divise en la réaction simple et la réaction complexe.

  • Vitesse de réaction simple : C’est la réponse stéréotypée à un signal. C’est le temps séparant le signal de départ du début de la réaction motrice. Il est étroitement lié à la motivation et à l’attention. Il ne dépend pratiquement pas de l’entraînement, 10 à 15 % d’amélioration possible.
  • Vitesse de réaction complexe : Préalablement à la réaction motrice, l’athlète doit prélever l’information déclenchante dans son milieu d’évolution. Plus le décodage est difficile, plus le temps de réaction augmente. L’entraînabilité est de l’ordre de 30 à 40 %.

Vitesse gestuelle :

Elle est l’expression motrice de la mise en action. On peut distinguer une action motrice simple et la vitesse de déplacement.

  • Action motrice simple : C’est la vitesse de bras du boxeur qui décroche un uppercut à son adversaire ou la vitesse de frappe d’un footballeur.

Vitesse de déplacement :

C’est la succession rythmée d’actions motrices. Cette vitesse de déplacement est en relation directe avec la coordination et la technique. Elle dépend de :

  • la composition fibrillaire des muscles sollicités,

  • la force musculaire,

  • le niveau du stock énergétique (ATP et CP),

  • l’élasticité des muscles,

  • l’état d’échauffement,

  • la fatigue éventuelle.

Fréquence gestuelle :

C’est le nombre de mouvements exécutés par unité de temps, la vélocité. Elle est liée à la force dynamique. Mais il existe un rapport optimum entre l’amplitude et la fréquence des gestes : privilégier l’une ou l’autre revient à limiter la progression de la vitesse (Exemple : En course à pieds, trop de vélocité peut limiter l’amplitude de la foulée).

La Force

« La force de l’homme peut se définir

comme la faculté

de vaincre une résistance extérieure

ou d’y résister grâce à des efforts musculaires »

ZATSIORSKI 1966.

« La force musculaire se définit comme

la tension qu’un muscle ou un groupe de muscles

peut opposer à une résistance en un seul effort maximal »

FOX et MATTHEWS.

La résistance peut être variable :

  • un engin (poids, disque, javelot …)

  • le corps lui-même (saut, course …)

  • la friction (aviron, cyclisme …)

  • un adversaire (sports de combat)

Il y a différents types de force, la force maximale, la force-vitesse et l’endurance de force.

Force maximale :

C’est la force qu’un muscle ou un groupe de muscles peut développer lors d’un mouvement.

Si la résistance est insurmontable : c’est la force maximale isométrique (sans déplacement).

Si la résistance est inférieure : c’est la force maximale dynamique (avec déplacement).

Force vitesse :

C’est la force qui caractérise le système neuro-musculaire pour surmonter une résistance avec la plus grande vitesse de contraction possible.

C’est une variante de la force dynamique, on distingue deux composantes :

La force explosive : capacité à accélérer un mouvement déjà lancé.

La force de démarrage : augmentation maximale de production de la force au départ du mouvement.

Si la résistance est faible, la force de démarrage domine, si la résistance augmente, la force explosive prime.

Endurance de force :

C’est la capacité à résister à la fatigue dans des efforts de longue durée à dominante force.

Elle est en fonction de :

  • l’intensité des stimulations (% de la force maximale),

  • l’amplitude des stimulations (nombre de répétitions),

  • la durée de l’exercice.

Suivant les disciplines, on peut trouver une endurance de force-dynamique, une endurance de force-statique ou une endurance de force-vitesse.

La Souplesse

La souplesse est la capacité d’accomplir des mouvements avec la plus grande amplitude possible, de manière active ou passive. La souplesse est synonyme de flexibilité, d’amplitude articulaire et de mobilité.

Le geste sportif représente la totalité agissante de l’individu, situé aux confins de trois grandes capacités : bio-informationnelle, bio-énergétique et bio-mécanique.

Les pièces articulo-musculaires doivent avoir la meilleure efficacité motrice possible afin d’exprimer au mieux les possibilités de l’athlète. Une mobilité entravée, réduite, diminue l’efficience gestuelle. A l’inverse, une augmentation de l’amplitude témoigne d’une excellente coordination des qualités musculaire et tendineuse ainsi que des propriétés mécaniques des articulations.

Si l’on soumet un muscle à des étirements répétés, il conservera une plus grande longueur qu’au début, inversement, soumis à des contractions répétées, il peut se raccourcir et perdre de sa longueur initiale.

La pratique sportive augmente notablement la tonicité musculaire. La tendance va même à la rétraction par raccourcissement des fibres, avec limitation du jeu articulaire. Or un geste restreint dans son amplitude, entrave la mobilité globale, perturbe les combinaisons d’actions, parasite la coordination générale. C’est pourquoi les étirements permettent d’entretenir ou de restaurer toute la flexibilité dynamique des muscles.

Cette souplesse est en relation directe avec les états de vigilance de l’athlète. Autrement dit, il y a relation directe entre tonus mental et tonus musculaire.

La souplesse est une qualité physique essentielle à développer. Elle n’est efficace que mise en place dans une programmation régulière, savamment entretenue, systématiquement pratiquée. La souplesse améliore le rendement musculaire, accroît la précision et la coordination gestuelle. Les muscles concernés par les étirements risquent moins les blessures lors de mouvements outrepassés. Le travail de la souplesse améliore la conscience de son schéma corporel, facilite la récupération par un drainage lymphatique et veineux.

La Coordination

Elle est la capacité de réaliser un mouvement en combinant l’action de plusieurs groupes musculaires avec un maximum d’efficacité et d’économie. Cette qualité physique est une condition de base pour l’expression de toutes les autres qualités physiques. Elle est la possibilité d’exploiter le maximum des capacités fondamentales, force, endurance et vitesse. La coordination est déterminée par la capacité du système nerveux central de capter, conduire, traiter des informations souvent multiples :

  • extéroceptives : venues du milieu extérieur,

  • intéroceptives : venues du corps propre.

Le système nerveux central régule, en tant que centre de traitement, l’ensemble des messages transmis par les récepteurs sensoriels et élabore un plan d’action (un programme moteur) qu’il met en route, pour espérer réaliser le projet envisagé.

La coordination ressort du domaine de l’apprentissage moteur, de l’acquisition des habiletés motrices. Si les savoir-faire moteurs sont spécifiques, on parle de technique : ils doivent satisfaire aux exigences biomécaniques et/ou d’efficacité et/ou artistiques de la discipline concernée. En cas de sens, on peut parler de coordination spécifique. Elle s’élabore à partir d’une coordination plus générale, une motricité globale. La coordination pose donc le problème de l’apprentissage moteur. L’apport des neurosciences (fonctionnement du cerveau) a permis d’élaborer des théories sur le comportement de l’individu en situation d’apprentissage moteur, les théories sur le traitement de l’information.

Le cheminement pour l’acquisition d’une gestuelle dite parfaite, passe obligatoirement par un développement psychomoteur dans la petite enfance par l’apprentissage d’autres gestes dits imparfaits.