…les poissons !

Les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est le plus souvent couvert d’écailles. On les trouve abondamment aussi bien dans les eaux douces que dans les mers : on trouve des espèces depuis les sources de montagnes (omble de fontaine, goujon) jusqu’au plus profond des océans (grandgousier, poisson-ogre). Leur répartition est toutefois très inégale : 50 % des poissons vivraient dans 17 % de la surface des océans (qui sont souvent aussi les plus surexploités). Le milieu marin étant moins accessible aux humains, de nombreuses espèces restent encore probablement à découvrir.

poisson2

Ils ont un rôle fondamental pour les hommes :

  • En tant que nourriture, partout dans le monde ; qu’ils soient pêchés dans la nature ou élevés en pisciculture.
  • Ils sont aussi exploités à des fins récréatives, avec la pêche et l’aquariophilie, et sont parfois exposés dans de grands aquariums publics.
  • Ils jouent et ont joué un rôle significatif dans de nombreuses cultures, en tant que déités et symboles religieux, ou sujets de contes, légendes, livres et films.
  • En jouant un rôle écosystémique important
  • En contribuant aux cycles biogéochimiques, dont le cycle du carbone et en particulier en contribuant au puits de carbone océanique.

Dans la classification phylogénétique, obtenue par application des méthodes cladistiques, le groupe des poissons est paraphylétique. La classe des Poissons (Pisces) de la classification classique est obsolète. Les espèces actuelles (non-éteintes) de poissons sont réparties dans les taxons Actinoptérygiens (les plus communs), Chondrichtyens (les raies et requins), Dipneustes, Actinistiens, Myxinoïdes et Pétromyzontides.

Le thon…

Le thon est une source de protéines et contient peu de cholestérol. Le thon regorge d’éléments nutritifs, dont le phosphore, le sélénium, les vitamines A et D, ainsi que celles du groupe B. Le thon rouge se démarque du thon blanc par sa teneur élevée en acides gras oméga-3 dont l’acide eïcosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexanoïque (DHA). Des études montrent que la consommation de thon a des effets favorables sur la santé cardiovasculaire et réduirait la mortalité par maladie cardiovasculaire.

Pour des raisons de conservation, le thon est souvent commercialisé en conserve. Au Japon, le thon est consommé cru sous forme de sushi ou de sashimi, des formes de préparation qui tendent à se populariser en Occident ; la partie ventrale, ou thon gras, étant la plus appréciée. De nombreux pays du Pacifique, des côtes africaines et de la Méditerranée pouvant le consommer frais, de nombreuses recettes existent, y compris crue ou en marinade de citron (voir notamment poisson cru à la tahitienne).

Du fait de sa position de prédateur, et parce qu’il contient beaucoup de lipides, le thon rouge a tendance à accumuler des polluants tels que les organochlorés ou dans la chair le mercure, métal très toxique, notamment sous forme de méthylmercure. Des analyses faites au début des années 1970 sur des spécimens anciens de thons (et d’espadons) échantillonnés dans les musées laissent penser que ce phénomène n’est pas uniquement du aux pollutions récentes.

On retrouve une grande variété d’espèces de thon dans les conserves rassemblées sous deux appellations génériques : le thon blanc et le thon pâle. Le thon pâle est souvent le plus apprécié par les consommateurs car il contiendrait jusqu’à 4 fois moins de mercure que le thon blanc. Il est cependant important de préciser que toutes les boîtes de thon ont une concentration de mercure inférieure à la norme, autrement dit consommer régulièrement du thon en conserve ne présente aucun danger pour la santé.

…nutriments les plus importants

VitThon

Phosphore : Le thon rouge et le thon blanc en conserve sont d’excellentes sources de phosphore. Le thon pâle en conserve est, quant à lui, une bonne source. Le phosphore constitue le deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien de la santé des os et des dents. De plus, il participe entre autres à la croissance et à la régénérescence des tissus et aide à maintenir à la normale le pH du sang. Il est l’un des constituants des membranes cellulaires.

Sélénium : Le thon est une excellente source de sélénium. Ce minéral travaille avec l’une des principales enzymes antioxydantes, prévenant ainsi la formation de radicaux libres dans l’organisme. Il contribue aussi à convertir les hormones thyroïdiennes en leur forme active.

Vitamine B2 : Le thon rouge est une excellente source de vitamine B2 pour la femme et unesource pour l’homme, étant donné leurs besoins différents. Le thon en conserve est quant à lui une source. La vitamine B2 est aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la vitamine B1, elle joue un rôle dans le métabolisme de l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle contribue à la croissance et à la réparation des tissus, à la production d’hormones et à la formation des globules rouges.

Vitamine B3 : Le thon est une excellente source de vitamine B3. Appelée aussi niacine, la vitamine B3 participe à de nombreuses réactions métaboliques et contribue particulièrement à la production d’énergie à partir des glucides, des lipides, des protéines et de l’alcool que nous ingérons. Elle participe aussi au processus de formation de l’ADN, permettant une croissance et un développement normaux.

Acide pantothénique : Le thon rouge est une excellente source d’acide pantothénique. Aussi appelée vitamine B5, l’acide pantothénique fait partie d’un coenzyme clé nous permettant d’utiliser de façon adéquate l’énergie présente dans les aliments que nous consommons. Il participe aussi à plusieurs étapes de la synthèse des hormones stéroïdiennes, des neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux) et de l’hémoglobine.

Vitamine B6 : Les thons rouge et pâle en conserve sont d’excellentes sources de vitamine B6. Le thon blanc en conserve en est, quant à lui, une bonne source. La vitamine B6, aussi appelée pyridoxine, fait partie de coenzymes qui participent au métabolisme des protéines et des acides gras ainsi qu’à la synthèse (fabrication) des neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux). Elle contribue également à la fabrication des globules rouges et leur permet de transporter davantage d’oxygène. La pyridoxine est aussi nécessaire à la transformation du glycogène en glucose et elle contribue au bon fonctionnement du système immunitaire. Cette vitamine joue enfin un rôle dans la formation de certaines composantes des cellules nerveuses et dans la modulation de récepteurs hormonaux.

Vitamine B12 : Le thon est une excellente source de vitamine B12. Cette vitamine travaille de concert avec l’acide folique (vitamine B9) pour la fabrication des globules rouges dans le sang. Elle veille aussi à l’entretien des cellules nerveuses et des cellules fabriquant le tissu osseux.

Vitamine A : Le thon rouge est une excellente source de vitamine A. Le rétinol est une des formes actives de la vitamine A dans l’organisme. Celle-ci est une des vitamines les plus polyvalentes, jouant un rôle dans plusieurs fonctions de l’organisme. Entre autres, elle favorise la croissance des os et des dents, maintient la peau en santé et protège contre les infections. De plus, elle joue un rôle antioxydant et favorise une bonne vision, particulièrement dans l’obscurité.

Vitamine D : Le thon rouge et le thon blanc en conserve sont d’excellentes sources de vitamine D, tandis que le thon pâle en conserve en est une bonne source. La vitamine D est étroitement impliquée dans la santé des os et des dents, en rendant disponible le calcium et le phosphore dans le sang, entre autres pour la croissance de la structure osseuse. La vitamine D joue aussi un rôle dans la maturation des cellules, dont celles du système immunitaire.

Magnésium : Le thon rouge est une bonne source de magnésium, tandis que le thon en conserve en est une source. Le magnésium participe au développement osseux, à la construction des protéines, aux actions enzymatiques, à la contraction musculaire, à la santé dentaire et au fonctionnement du système immunitaire. Il joue aussi un rôle dans le métabolisme de l’énergie et dans la transmission de l’influx nerveux.

Fer : Le thon est une bonne source de fer pour l’homme et une source pour la femme, car leurs besoins respectifs en ce minéral sont différents. Chaque cellule du corps contient du fer. Ce minéral est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang. Il joue aussi un rôle dans la fabrication de nouvelles cellules, d’hormones et de neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux). Il est à noter que le fer contenu dans les aliments d’origine animale (dont les poissons) est très bien absorbé par l’organisme, comparativement au fer provenant des végétaux.

Vitamine B1 : Le thon rouge est une bonne source de vitamine B1. Appelée aussi thiamine, la vitamine B1 fait partie d’une coenzyme nécessaire à la production d’énergie, principalement à partir des glucides que nous ingérons. Elle participe aussi à la transmission de l’influx nerveux et favorise une croissance normale.

…le thon en conserve !

Du côté du thon en boîte, on retrouve également une grande variété d’espèces. Cependant, de façon générale, on les rassemble sous les dénominations de « thon pâle » et « thon blanc », et il est rare de pouvoir savoir avec exactitude de quelle espèce précise il s’agit, surtout dans le cas du thon pâle. Le thon blanc provient le plus souvent d’une espèce appelée « germon »

Il est recommandé d’éviter de manger du thon frais trop souvent en raison des contaminants nocifs, comme le mercure, qu’il a la réputation de contenir. Mais cette précaution doit-elle aussi être appliquée au thon en boîte ?

Les analyses ont démontré que le thon pâle ne présentait pas vraiment de danger. En effet, les variétés de poisson utilisées pour les conserves de thon pâle sont plus petites. Il ne s’agit pas de gros prédateurs, lesquels sont plus souvent contaminés par le mercure. En revanche, on recommande d’être plus vigilant avec le thon blanc, qui contient typiquement quatre fois plus de mercure que le thon pâle.

…un aliment santé !

Quand on sait que bien des gens ne mangent pas suffisamment de poisson, notamment en raison de son prix et du défi que constitue sa préparation aux yeux de plusieurs, la popularité du thon en conserve rassure. Lorsqu’on le choisit bien, il s’agit vraiment d’un aliment santé. Bourré de protéines et de bons gras omega-3, on peut en manger sans problème 2 à 3 fois par semaine :

  • On s’assure de choisir le thon pâle plutôt que le thon blanc.
  • On essaye également de limiter les apports en gras et en sodium en choisissant le thon au naturel, dans l’eau plutôt que dans l’huile.
  • On recherche bien sûr toujours la mention « faible en sodium. »

Le saumon

Le saumon est l’un des gros poissons les plus traditionnellement pêchés et consommés par l’Homme dans l’hémisphère nord, au moins depuis la Préhistoire comme en témoignent les restes de squelettes de grands saumons par exemple trouvés par les préhistoriens près des foyers préhistoriques à Brassempouy.

Il constituait l’essentiel des protéines animales de plusieurs tribus amérindiennes et était encore abondamment pêché par certaines populations amérindiennes jusqu’au 19e ou début du XXe siècle. Néanmoins il était déjà en régression depuis l’arrivée des colons, en raison d’une industrialisation des pêcheries, ce qui fut source d’importantes rivalités entre Amérindiens et « Eurocanadiens rivaux », par exemple dès les années 1780 avec les indiens Mi’gmaq qui en Gaspésie se sont retrouvés rapidement privés d’une partie de leurs ressources alimentaires, et d’une part de leurs richesses (le saumon séché étant aussi une des ressources utilisées pour le troc). En effet, en 1858, la loi (« Acte des pêcheries» du 16 août 1858) impose aux autochtones de se soumettre au gouverneur en conseil qui peut « octroyer des baux et permis spéciaux de pêche (…) et faire tous règlements qui pourront être jugés nécessaires ou expédients pour mieux exploiter et régir les pêcheries de la province » ; « (…) un système de « bail et permis» est institué, et tous les pêcheurs doivent au préalable obtenir l’autorisation de l’Office des terres de la Couronne avant de s’engager dans la pêche au saumon ».

Six espèces de saumon sont consommées :

  • Le saumon royal ou saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha) mesure en moyenne de 84 à 91 cm et pèse entre 13,5 et 18 kg. C’est le plus grand des saumons. Son dos est vert olivâtre, ses flancs et son ventre sont argentés, et ses gencives inférieures sont noires. Le dos, le dessus de la tête et les flancs sont tachetés de noir. La couleur de la chair varie de rose clair à orange foncé. Elle est surtout commercialisée fraîche, congelée ou fumée ; on la met rarement en conserve. Elle est très recherchée fumée.
  • Le saumon rouge (Oncorhynchus nerka) est l’espèce la plus recherchée après le saumon royal. Il mesure en moyenne entre 60 et 70 cm de long, et pèse entre 2 et 3 kg. Son dos est vert bleuté, ses flancs et son ventre argentés. Sa chair rouge mat est ferme et très savoureuse. Elle garde sa belle coloration rouge même lorsqu’elle est mise en conserve. Ce poisson plutôt mince, élancé et de taille uniforme se prête très bien la mise en conserve. On le retrouve surtout sous cette forme, mais aussi fumé ou salé.
  • Le saumon argenté ou saumon coho (Oncorhynchus kisutch) mesure en moyenne entre 45 et 60 cm et pèse de 2 à 4,5 kg. Son dos bleu métallique est orné de petites taches noires. Ses flancs et son ventre sont argentés. Le saumon argenté est la troisième plus importante espèce commerciale. Sa chair rouge orangé égale presque celle du saumon rouge ou du saumon royal. Elle se défait aussi en gros morceaux. Elle est plus pâle que la chair du saumon rouge. Très utilisé pour les conserves, le saumon argenté est également vendu frais, congelé ou fumé. Il est aussi commercialisé légèrement saumuré.
  • Le saumon rose (Oncorhynchus gorbuscha) est le plus petit du genre. Il atteint sa maturité très tôt (deux ans). Il mesure en moyenne entre 43 et 48 cm et pèse entre 1,3 et 2,3 kg. Son dos vert bleuté est parsemé de grandes taches noires ; ses flancs sont argentés. Le saumon rose a longtemps été considéré comme une espèce de qualité inférieure (tout comme le keta) car sa chair rosée est plutôt molle et se défait en petits morceaux. Il est surtout mis en conserve, mais est également commercialisé frais, fumé ou congelé.
  • Le saumon keta (Oncorhynchus keta) mesure en moyenne 64 cm et pèse de 5 à 6 kg. Son dos est bleu métallique et ses flancs et son ventre sont argentés. Il a sur les côtés de pâles rayures pourpres. Le saumon keta a la moins belle et la moins bonne chair. À peine rosée, elle est spongieuse, molle et se défait en petits morceaux ; elle a cependant l’avantage d’être moins grasse. Elle est meilleure fraîche. Elle est aussi mise en conserve, congelée, salée à sec ou fumée. C’est la moins coûteuse.
  • Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) est le seul saumon qui vive dans l’Atlantique. Il semble être à la fois plus résistant et plus sauvage que le saumon du Pacifique et ne meurt pas après le frai ; il peut se reproduire deux, trois ou quatre fois. Le saumon de l’Atlantique est reconnu pour sa combativité et sa chair rose délicieusement parfumée. Son corps ressemble à celui des autres salmonidés et sa couleur varie avec l’âge. Son dos est brun, vert ou bleu, et ses flancs et son ventre, argentés. Les spécimens capturés mesurent de 80 à 85 cm et pèsent en moyenne 4,5 kg.
  • La ouananiche (Salmo salar ouananiche) est un saumon d’eau douce. Il a été emprisonné dans les terres après l’époque glaciaire, ne pouvant pas retourner à la mer lorsque les eaux se sont retirées. Il demeure maintenant en eau douce de façon permanente même si, bien souvent, les cours d’eau qu’il fréquente ont un accès facile à la mer. On la retrouve sur la côte Est de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Scandinavie. Ouananiche signifie « le petit égaré » en montagnais, langue d’une tribu indienne du Québec. Ce poisson forme une espèce à part entière, tant par son habitat que par certaines modifications corporelles qui le distinguent du saumon. Il est plus petit (entre 20 et 60 cm) et pèse rarement plus de 6 kg. Ses nageoires plus longues et plus fortes et sa queue grosse et puissante se sont développées en s’adaptant aux eaux vives de son environnement. Ses yeux ainsi que ses dents sont plus grands. Son dos noir est orné de taches rapprochées et bien définies. Ses flancs sont gris bleuâtre et son ventre argenté. La ouananiche s’apprête comme le saumon ou la truite.

La truite

Selon la variété et le mode d’élevage, la truite contient des quantités variables de matières grasses, d’où le fait qu’elle est parfois considérée comme un poisson gras, d’autres fois comme un poisson semi-gras. La truite, tout comme les autres poissons, renferme une multitude de vitamines et minéraux et des protéines de qualité.

La truite est considérée comme un poisson gras ou semi-gras, selon le type de truite et les sources. Le contenu élevé en matières grasses, et donc en acides gras oméga-3 des poissons gras leur confère des avantages incontestables pour la santé. La littérature scientifique abonde sur ce sujet et l’impact de la consommation de poissons gras sur la diminution du risque de maladies cardiovasculaires fait maintenant l’unanimité auprès des chercheurs. Des études ont aussi démontré que les gens consommant plus de poisson présentaient moins de cas de dépression et moins de risque d’être atteints de la maladie d’Alzheimer. Finalement, d’autres études ont observé un lien entre la consommation de poissons gras et la diminution de l’incidence de l’arthrite. L’American Heart Association (AHA) recommande aux adultes en santé de consommer au moins deux repas de poisson par semaine, principalement les poissons gras, afin de profiter de leurs effets santé.

Acides gras oméga-3 : La truite est une excellente source d’acide eicosapentaénoïque (AEP) et d’acide docosahexaénoïque (ADH), deux acides gras de la famille des oméga-3. Ces acides gras agissent comme précurseurs de messagers chimiques favorisant un bon fonctionnement des systèmes immunitaire, circulatoire et hormonal. Plusieurs études épidémiologiques et cliniques laissent penser que la consommation d’acides gras oméga-3 (provenant majoritairement de poissons gras) exercerait des effets favorables sur la santé cardiovasculaire et réduirait la mortalité par maladie cardiovasculaire. Ces acides gras sont connus pour agir de plusieurs façons dans l’organisme, notamment en réduisant la tension artérielle, les triglycérides sanguins et la formation de caillots sanguins, diminuant ainsi les risques d’athérosclérose. La consommation régulière d’acides gras oméga-3 diminuerait aussi l’arythmie cardiaque et pourrait même inhiber la croissance des cellules cancéreuses.

Protéines : Le poisson, de façon générale, est une excellente source de protéines complètes puisqu’il renferme les neuf acides aminés essentiels (ceux qui ne sont pas produits par notre organisme et qui doivent provenir de notre alimentation). Les protéines servent à la formation des enzymes digestives et des hormones de même qu’à former, réparer et maintenir les tissus, comme la peau, les muscles et les os. Par ailleurs, plusieurs études chez l’animal ont révélé que la consommation de protéine de poisson, en l’occurrence la protéine de morue, améliorerait la sensibilité à l’insuline et augmenterait l’absorption du glucose par l’organisme. Notons que des études en cours chez l’humain viendront confirmer ou infirmer ces résultats. Une récente étude a démontré que la consommation de protéines provenant de sources marines diminuait les taux de lipides sanguins après un repas davantage que des protéines provenant de d’autres sources. Bref, ce ne sont pas uniquement les oméga-3 dans les poissons, mais également leurs protéines qui en feraient des aliments à intégrer plus souvent dans notre alimentation.

Les crustacés

…Crevette

La crevette contient divers composés qui possèdent des effets bénéfiques pour la santé. Ces substances, appelées « composés bioactifs » pourraient contribuer à prévenir certaines maladies chroniques. En plus des précieux acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne (AEP et ADH) et des protéines de qualité supérieure, la crevette contient de l’astaxanthine et de la coenzyme Q, deux composés auxquels on attribue des propriétés antioxydantes.

Astaxanthine : L’astaxanthine est un pigment de la grande famille des caroténoïdes. Elle est responsable de la couleur rouge orangé du saumon, des crevettes et autres crustacés. Elle possède des propriétés antioxydantes qui surpasseraient celles du bêta-carotène et de la vitamine E. Grâce à son action antioxydante, elle aurait des effets protecteurs contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et autres maladies chroniques. On lui attribue aussi des effets bénéfiques au système immunitaire. Les crevettes d’élevage, tout comme le saumon d’élevage, reçoivent des suppléments d’astaxanthine dans leur nourriture afin de favoriser leur croissance, d’améliorer leur capacité de reproduction et de leur donner une couleur rosée qui plaît aux consommateurs. La crevette nordique, quant à elle, puise l’astaxanthine dans les algues microscopiques qu’elle consomme. Elle est donc naturellement riche en astaxanthine.

Coenzyme Q10 : La crevette contient de la coenzyme Q10 (CoQ10), un composé ayant une structure chimique similaire à la vitamine K et qui agit comme une vitamine dans l’organisme. On lui attribue des propriétés antioxydantes. Certaines données montrent que la CoQ10 permet de réduire la tension artérielle chez les gens hypertendus et qu’elle aurait un rôle préventif contre les maladies cardiovasculaires. Elle préviendrait aussi l’oxydation du LDL cholestérol (« mauvais cholestérol »), ce dernier étant considéré comme un facteur de risque des maladies cardiovasculaires. Les viandes et les poissons sont les principales sources alimentaires de CoQ10. Les concentrations de CoQ10 dans le poisson varient de 0,4 mg à 6,4 mg par portion de 100 g. Pour obtenir un effet préventif, il faudrait consommer des doses de CoQ10 de l’ordre de 60 mg à 100 mg et plus, ce qui est presque impossible à atteindre seulement par l’alimentation. On peut toutefois atteindre ces quantités en consommant des suppléments de CoQ10. Notons que le corps produit la CoQ10 dont il a besoin.

Acides gras oméga-3 : La crevette contient de l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et de l’acide docosahexaénoïque (ADH), deux acides gras polyinsaturés à chaîne longue de la famille des oméga-3. Il est maintenant bien démontré que les oméga-3 d’origine marine (AEP et ADH) contribuent à la santé cardiovasculaire et sont associés à un risque moindre de mortalité par maladie cardiovasculaire. D’autres effets bénéfiques ont été attribués aux oméga-3, mais on ne dispose pas actuellement de données scientifiques suffisantes pour confirmer de tels effets. On pense ici aux liens entre les oméga-3 et l’atténuation des symptômes de dépression, l’amélioration de la concentration et une meilleure capacité d’apprentissage chez l’enfant.

Protéines : La crevette est une excellente source de protéines. On qualifie les protéines du poisson comme étant de haute valeur biologique puisqu’elles contiennent tous les acides aminés essentiels (ceux que le corps ne peut fabriquer et qui doivent provenir de l’alimentation), dans des proportions optimales pour pouvoir être absorbées et utilisées par l’organisme. Des études chez l’animal révèlent que la protéine de poisson, comparativement à d’autres sources protéiques animales, améliorerait la sensibilité à l’insuline et augmenterait l’absorption du glucose par l’organisme, ce qui contribuerait à la prévention du diabète de type 210. Une étude chez l’humain, publiée en 2007 et réalisée par des chercheurs de l’INAF, permet de confirmer ces résultats.

… crabe

Les principes actifs du crabe n’ont pas fait l’objet d’études précises. Notons tout de même quelques études démontrant des résultats intéressants sur les bénéfices à consommer des poissons et des fruits de mer. Tout d’abord, une étude réalisée auprès de plus de 14 000 femmes a démontré que plus celles-ci consommaient de poissons et de fruits de mer, moins leur risque de cancer colorectal était élevé. Une autre étude, effectuée auprès d’hommes chinois, a démontré que la consommation hebdomadaire d’au moins un repas de poissons ou de fruits de mer diminuerait le risque d’infarctus fatal du myocarde, comparativement à une consommation moindre. À l’heure actuelle, les effets bénéfiques de la consommation de poissons et de fruits de mer ne peuvent être associés à un principe actif en particulier; des études cliniques sont nécessaires afin d’identifier les composantes concernées. Par contre, la présence d’acides gras oméga-3 dans ces produits marins pourrait avoir un rôle important à jouer.

Acides gras oméga-3 : Le crabe contient de l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et de l’acide docosahexaénoïque (ADH), deux acides gras de la famille des oméga-3. Ils contribuent au bon fonctionnement immunitaire, circulatoire et hormonal. Plusieurs études épidémiologiques et cliniques ont mis en évidence que la consommation d’acides gras oméga-3, provenant majoritairement de poissons gras, pourrait exercer des effets favorables sur la santé cardiovasculaire, dont la diminution de la mortalité par maladie cardiovasculaire. Ces acides gras sont reconnus pour diminuer la tension artérielle, les triglycérides sanguins et la formation de caillots sanguins.

Le crabe et le méthylmercure : Certains poissons et fruits de mer au sommet de la pyramide alimentaire contiennent des quantités non négligeables de méthylmercure. Le méthylmercure est une forme de mercure organique qui est très toxique à des taux d’exposition élevés. Le méthylmercure est la forme de mercure la plus courante dans le poisson. Chez l’humain, le méthylmercure est facilement absorbé dans le courant sanguin; il est disséminé à l’échelle de l’organisme et concentré en certains points tels que le cerveau et chez la femme enceinte ou le fœtus en développement.  Le crabe fait partie des crustacés ayant une très faible concentration de mercure. Il n’y a donc pas de recommandation sur la fréquence maximale de consommation de celui-ci.