…les oeufs !

L’œuf de volaille est un produit agricole servant d’ingrédient entrant dans la composition de nombreux plats, dans de nombreuses cultures gastronomiques du monde.

Le plus utilisé est l’œuf de poule, mais les œufs d’autres oiseaux sont aussi consommés : caille, cane, oie, autruche, etc. Les œufs de poissons, comme le caviar, ou de certains reptiles, comme ceux de l’iguane vert, sont également utilisés dans l’alimentation humaine. Cependant, leur utilisation est très différente de celle des œufs de volaille.

Les œufs utilisés en cuisine ne sont généralement pas fécondés du fait de leur provenance d’élevages industriels où les coqs sont absents. Fécondés ou non, ils sont utilisés à l’état frais si moins de vingt-huit jours se sont écoulés après la ponte, selon les normes administratives françaises. Dans les usages culinaires asiatiques, les œufs sont parfois consommés couvés, comme le balut, ou mis à fermenter pendant plusieurs semaines, comme l’œuf de cent ans.

oeuf

Historique

L’homme préhistorique a consommé des œufs de cane, d’oie, de pintade comme le révèlent les débris de coquille sur les sites archéologiques.

Durant l’Antiquité, la consommation d’œufs est courante chez les Grecs, les Chinois (amateurs d’œufs de pigeon) et les Égyptiens qui substituent souvent l’incubation artificielle à l’incubation naturelle pour produire également du poulet de chair. Les Phéniciens sont plutôt amateurs d’œufs d’autruche, les Romains d’œufs de paon bleu. Selon le code alimentaire prescrit aux Juifs pratiquants, les œufs font partie des mets neutres (pareve ou parve).

Source de protéines bon marché par rapport à la viande, régulière pendant la moitié de l’année, à la portée de toute famille possédant un jardin, l’œuf est un constituant courant de l’alimentation depuis le Moyen Âge. L’œuf est parfois considéré comme un aliment gras, sa consommation étant interdite pendant les 160 jours maigres qu’impose l’Église catholique. Cette interdiction est variable selon les coutumes du pays et le rigorisme de l’évêque de chaque localité, elle n’est absolue que pendant le carême, d’où la coutume de l’œuf de Pâques : au IVe siècle, l’Église, pour fêter la résurrection du Christ, encourage le peuple et la noblesse à s’offrir des œufs que l’on conserve pendant les jours du Carême qui précèdent Pâques. Ces jours correspondent aussi à la période où les poules recommencent à pondre. Charlemagne impose dans un capitulaire que les fermes impériales aient au moins cent poules et trente oies.

À la Renaissance, ses modes de préparation sont variés, notamment dans les monastères où de nombreuses recettes sont inventées pour les jours de pénitence :

« Ces œufs que les gastrolâtres sacrifient à leur dieu ventripotent :
œufs fritz, perduez, suffocqués, estuvés, trainés dans les cendres, jettés par la cheminée, barbouillés, gouildronnés… » 
— François Rabelais, Extrait de Pantagruel, 1532
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Sous le règne de Louis XV, les Français consomment soixante œufs par an et par personne (270 par personne et par an en 2008) et Menon dit de l’œuf : « c’est un aliment excellent et nourrissant que le sain et le malade, le pauvre et le riche partageaient ensemble ».

Depuis le XIXe siècle et jusque dans les années 1950, on les conserve en France en les mettant dans des pots en grès contenant du silicate de soude et les œufs se conservent plusieurs mois.

Au cours du XXe siècle, la masse de l’œuf est passée à 60 g alors qu’elle était de 50 g aux siècles précédents. L’élevage industriel et l’allongement artificiel de la durée du jour grâce à l’électricité permettent un approvisionnement régulier et bon marché tout au long de l’année.

Anatomie

L’anatomie de l’œuf se compose de différentes parties :

AnatomieOeufs

Coquille La première ligne de défense de l’œuf pour empêcher toute bactérie d’y pénétrer. La coquille peut être brune ou blanche, selon la race de la poule. Toutefois, la valeur nutritionnelle de l’œuf demeure la même. Environ 10 000 pores minuscules permettent à l’humidité et aux gaz de pénétrer et de s’échapper de l’œuf.

Chambre à air : Formé dans le gros bout de l’œuf pendant qu’il refroidit après la ponte. Plus l’œuf est frais, plus la chambre à air est petite.

Jaune : La principale source de vitamines et de minéraux de l’œuf, le jaune représente le tiers du poids de l’œuf. La couleur varie du jaune pâle à l’orange foncé, selon la nourriture consommée par la poule. Cependant, la valeur nutritionnelle est comparable.

Membrane du jaune (membrane vitelline) : Entoure et tient le jaune d’œuf en place. Plus l’œuf est frais, plus la membrane est résistante.

Chalazes : Une paire de filaments en spirale qui maintiennent le jaune au centre de l’albumen épais. Plus l’œuf est frais, plus les chalazes sont visibles.

Blanc (albumen) : L’albumen est le blanc de l’œuf et représente deux tiers du poids de celui-ci. Il est composé de deux couches : l’albumen épais et l’albumen mince. L’albumen est principalement composé d’eau, de protéines de haute qualité et de minéraux.

Disque germinatif Apparaît comme un léger creux à la surface du jaune. Il s’agit de la porte d’entrée pour la fécondation de l’œuf.

Membranes de la coquille : La deuxième ligne de défense de l’œuf contre les bactéries. Il y a deux membranes superposées à l’intérieur de la coquille : une membrane colle à la coquille et l’autre entoure l’albumen.

Profil santé…

L’œuf représente l’un des aliments les plus nutritifs que l’on puisse trouver. Avec seulement 71 calories, chaque gros œuf contient 6 g de protéines de haute valeur biologique et un grand nombre de nutriments essentiels. Un gros œuf fournit, par exemple, 25 % de l’apport quotidien recommandé en vitamine B12, 16 % pour la riboflavine, 13 % pour la vitamine D et plus de 10 % pour l’acide folique. De plus, les œufs sont une source de zinc, de phosphore, de niacine, d’acide pantothénique, ainsi que de vitamines A et E.

La nature a aussi doté les œufs d’un profil avantageux sur le plan des matières grasses. En effet, la majeure partie se retrouve sous forme d’acides gras insaturés, soit 40 % de gras monoinsaturés et 16 % de gras polyinsaturés, pour un total de 56 %. Les acides gras insaturés jouent un rôle bénéfique dans la santé cardiovasculaire. Il est de plus en plus reconnu que les gras saturés et les gras trans sont les matières grasses qui, lorsque consommées en excès, augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. L’œuf ne compte heureusement que 1,5 g de gras saturés et il est exempt de gras trans.

Au cours des dernières années, les experts en nutrition ont fait face à un dilemme : limiter la consommation d’oeufs, compte tenu de leur forte teneur en cholestérol, ou la recommander, étant donné leur teneur élevée en protéines de haute qualité ainsi qu’en plusieurs vitamines et minéraux. Des données scientifiques récentes tendent à démontrer que l’oeuf est un aliment de choix et que la consommation d’un oeuf par jour, même chez les personnes ayant un cholestérol sanguin élevé, peut être acceptable. Effectivement, il n’existe pas de preuve substantielle démontrant une réelle association entre la consommation de cholestérol alimentaire et les taux de cholestérol sanguin. L’oeuf est nourrissant, polyvalent et il offre une excellente valeur nutritive, et ce, à coût modique.

…principes actifs et propriétés

Caroténoïdes : Le jaune d’oeuf contient deux puissants antioxydants issus de la famille des caroténoïdes : la lutéine et la zéaxanthine. D’ailleurs, ces deux composés confèrent la couleur au jaune de l’oeuf. Les caroténoïdes, substances voisines de la vitamine A, sont des antioxydants reconnus pour aider à prévenir les maladies reliées au vieillissement, comme les cataractes, la dégénérescence maculaire, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Ces antioxydants neutralisent ou réduisent les radicaux libresprésents dans le corps et limitent ainsi les dommages causés aux cellules. Des études d’observation indiquent que la consommation d’aliments riches en lutéine, comme les oeufs, pourrait aider à prévenir ladégénérescence maculaire liée à l’âge, l’une des causes principales de cécité chez les personnes âgées de 65 ans et plus, et à diminuer le risque de cataractes. Le rôle possible des caroténoïdes dans la prévention des maladies cardiovasculaires (MCV) serait de diminuer l’oxydation du cholestérol-LDL (« mauvais cholestérol ») et de réduire la formation de la plaque dans la paroi des artères. Enfin, les caroténoïdes pourraient réduire le risque de certains cancers par leur protection contre le développement de tumeurs.

Protéines : L’oeuf est composé de protéines de haute valeur biologique. Les protéines servent surtout à former, à réparer et à maintenir en bon état les tissus, comme la peau, les muscles et les os. Elles servent aussi à la formation des enzymes digestives et des hormones. Les protéines contenues dans l’oeuf sont dites complètes, car elles renferment les neuf acides aminés essentiels à l’organisme, et ce, dans des proportions optimales. En effet, la qualité protéique de l’oeuf est telle qu’on l’utilise comme aliment de référence pour évaluer la qualité des autres protéines alimentaires. Précisons que les acides aminés sont dits essentiels lorsque le corps ne peut les produire. Ils doivent donc provenir de l’alimentation. Près de 60% des protéines de l’œuf se retrouvent dans le blanc tandis que le 30% restant est dans le jaune.

Choline : L’oeuf est une excellente source de choline, un composé qui joue un rôle important dans ledéveloppement et le fonctionnement du cerveau, principalement le centre de la mémoire. La choline se retrouve principalement dans la partie jaune de l’œuf. Les besoins en choline sont importants durant le développement embryonnaire puisque durant la grossesse et la lactation, de faibles apports en choline peuvent avoir des effets sur développement du cerveau de l’enfant à long terme. Une étude chez l’animal a démontré que la supplémentation en choline, durant le développement embryonnaire des rats ou immédiatement après la naissance, améliorerait les fonctions cognitives et, par le fait même, l’attention et la mémoire. De plus, des auteurs ont rapporté, dans une étude effectuée chez des femmes enceintes ayant des apports faibles en acide folique, que les mères qui avaient les apports en choline les plus faibles avaient quatre fois plus de risque d’accoucher d’un enfant ayant une anomalie du tube neural que celles qui avaient les apports les plus élevés, indépendamment des apports en acide folique.

…et le cholestérol

Puisqu’il est maintenant connu que des taux élevés de cholestérol sanguin sont associés à une incidence accrue des maladies cardiovasculaires (MCV), la plupart des recommandations nutritionnelles pour le traitement de ces maladies visent à diminuer la consommation d’aliments riches en cholestérol et ainsi de limiter les jaunes d’oeufs à deux ou trois par semaine.

Toutefois, ces recommandations ont été remises en question puisque de nombreuses études observent une faible relation entre le cholestérol alimentaire et l’incidence des maladies cardiovasculaires. Il semble qu’une consommation aussi élevée qu’un oeuf par jour n’ait aucun impact significatif sur le risque cardiovasculaire. Une étude prospective chez 117 000 hommes et femmes en bonne santé n’a démontré aucun lien significatif entre la consommation d’oeufs et les maladies cardiovasculaires. Selon cette étude, le risque n’était pas plus élevé chez ceux qui consommaient moins d’un oeuf par semaine que chez ceux qui en consommaient plus d’un par jour.

D’autres études, dont une récente, ont démontré que les aliments riches en cholestérol, mais faibles en gras saturés comme les jaunes d’oeuf ont des effets mineurs sur le taux de cholestérol sanguin. Plusieurs études indiquent que le contrôle des lipides sanguins est mieux atteint en diminuant la consommation de gras trans et saturés, au lieu d’éliminer le cholestérol alimentaire. D’ailleurs, l’American Heart Association (AHA) mentionne que la consommation d’un jaune d’oeuf par jour peut être acceptable, même pour des personnes hypercholestérolémiques, si la consommation des autres aliments riches en cholestérol, tels que les fromages, la crème, le beurre et les viandes rouges, est limitée.

…principaux nutriments

VitOeufs

 Sélénium : L’oeuf est une excellente source de sélénium. Ce minéral travaille avec l’une des principales enzymes antioxydantes, prévenant ainsi la formation de radicaux libres dans l’organisme. Il contribue aussi à convertir les hormones thyroïdiennes en leur forme active.

Vitamine B2 : L’oeuf est une bonne source de vitamine B2. Cette vitamine est aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la vitamine B1, la riboflavine joue un rôle dans le métabolisme de l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle contribue à la croissance et à la réparation des tissus, à la production d’hormones et à la formation des globules rouges. La majeure partie de la riboflavine se retrouve dans le blanc d’œuf.

Vitamine B12 : L’oeuf est une bonne source de vitamine B12. Cette vitamine travaille de concert avec l’acide folique (vitamine B9) pour la fabrication des globules rouges dans le sang. Elle veille aussi à l’entretien des cellules nerveuses et des cellules fabriquant le tissu osseux.

Phosphore : L’oeuf est une source de phosphore. Le phosphore constitue le deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien de la santé des os et des dents. De plus, il participe entre autres à la croissance et à la régénérescence des tissus et aide à maintenir à la normale le pH du sang. Finalement, le phosphore est l’un des constituants des membranes cellulaires.

Zinc : L’oeuf est une source de zinc. Le zinc participe notamment aux réactions immunitaires, à la fabrication du matériel génétique, à la perception du goût, à la cicatrisation et au développement du foetus. Le zinc interagit également avec les hormones sexuelles et thyroïdiennes, et participe, dans le pancréas, à la synthèse (fabrication), à la mise en réserve et à la libération de l’insuline.

Acide pantothénique : L’oeuf est une source d’acide pantothénique. Aussi appelé vitamine B5, l’acide pantothénique fait partie d’une coenzyme clé nous permettant d’utiliser de façon adéquate l’énergie présente dans les aliments que nous consommons. Il participe aussi à plusieurs étapes de la synthèse (fabrication) des hormones stéroïdiennes, des neurotransmetteurs (des messagers dans l’influx nerveux) et de l’hémoglobine.

Folate : L’oeuf est une source de folate. Le folate (vitamine B9) participe à la fabrication de toutes les cellules du corps, dont les globules rouges. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la production du matériel génétique (ADN, ARN), dans le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire, ainsi que dans la cicatrisation des blessures et des plaies. Comme elle est nécessaire à la production des nouvelles cellules, une consommation adéquate est primordiale durant les périodes de croissance et pour le développement du fœtus.

Vitamine A : L’oeuf est une source de vitamine A. Cette vitamine est l’une des plus polyvalentes, jouant un rôle dans plusieurs fonctions de l’organisme. Elle favorise, entre autres, la croissance des os et des dents. Elle maintient la peau en santé et protège contre les infections. De plus, elle joue un rôle antioxydant et favorise une bonne vision, particulièrement dans l’obscurité. La majeure partie de la vitamine A se retrouve dans le jaune d’œuf.

Vitamine D : L’oeuf est une source de vitamine D. La vitamine D interagit étroitement dans la santé des os et des dents, en rendant disponible le calcium et le phosphore dans le sang, entre autres pour la croissance de la structure osseuse. La vitamine D joue aussi un rôle dans la maturation des cellules, dont celles du système immunitaire. La majeure partie de la vitamine A se retrouve dans le jaune d’œuf.

Vitamine E : L’oeuf est une source de vitamine E. Antioxydant majeur, la vitamine E protège la membrane qui entoure les cellules du corps, en particulier les globules rouges et les globules blancs (cellules du système immunitaire).