…propulser le vélo !

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Les roues sont la partie la plus importante du vélo car en liaison direct avec le sol. Ce sont elles qui assurent le rendement de votre effort.
Cyclosportif ou coursier, routes vallonées ou montagne, il est important de faire le bon choix et d’optimiser ses roues en fonction de sa forme, ses activités et de ses pratiques.

Il faut donc faire des compromis en fonction de l’application qu’on veut donner aux roues. C’est ce travail qui est réalisé pendant la conception des roues que ce soit de la part des cellules de recherche et développement de grands groupes ou par les monteurs indépendants.

Enfin, dans tous les cas, la rigidité des roues est un facteur de performance puisque des roues plus rigides transmettent mieux la puissance. Les roues en carbone sont parmi les plus rigides, mais il existe également des roues en alu très rigides. Pour conclure, le choix des roues doit être fait en fonction de l’utilisation qu’on veut en faire. L’idéal étant de posséder au moins deux paires de roues.

Une « trilogie » complexe !

La roue de vélo parfaite n’existe tout simplement pas. En effet, une roue de vélo est un exemple parfait de système d’optimisation. Une qualité gagnée sur un critère aura tendance à se perdre sur un autre.

A partir de plusieurs paramètres d’ajustement (moyeux, rayons, jantes), le résultat obtenu est une roue qui répond à un certain cahier des charges. Les éléments qui le constituent sont l’aérodynamisme, l’inertie et la rigidité. Même si le pratiquant n’a pas conscience de l’existence d’un ou de ces paramètres, ce sont eux qui vont conditionner les performances de la roue sur le terrain.

Aérodynamisme de la roue de vélo

Une roue possédant de bonnes qualités d’aérodynamisme est une roue qui demande au cycliste de développer un minimum de puissance pour se déplacer. Les paramètres influençant l’aérodynamisme de la roue sont :

  • la hauteur de la jante,
  • le profil de la jante,
  • le nombre de rayons
  • et la forme des rayons.

On peut résumer qu’une jante haute en forme de goutte d’eau (large près du pneumatique et fin vers la zone d’appuis des rayons) avec peu de rayons fins et profilés possédera de très bonnes qualités aérodynamiques et permettra au cycliste de limiter au maximum la dépense d’énergie pour se déplacer.

Inertie de la roue de vélo

L’inertie de la roue est un paramètre plus difficilement palpable par l’utilisateur dans ses comparaisons. Quoiqu’il en soit ce paramètre peut être résumé ainsi : plus une roue nécessite un apport de puissance important pour atteindre une certaine vitesse plus son inertie est élevée. Pour une roue, on peut réduire sans commettre une trop grosse approximation que l’inertie est d’autant plus élevé que la masse de la jante est importante.

Rigidité de la roue de vélo

La rigidité est quant à lui le paramètre peu évident à appréhender pour les fabricants tout comme pour les utilisateurs. En effet, la rigidité est le fruit de nombreux paramètres :

  • la rigidité intrinsèque de la jante,
  • le nombre de rayons,
  • l’écartement des flasques du moyeu (notamment à l’arrière),
  • le type de rayonnage (croisement)
  • et le type de rayons.

D’une certaine manière, il est juste de dire qu’une roue ayant une jante possédant une rigidité intrinsèque importante, un nombre de rayons importants, des rayons de forte section et des moyeux avec des flasques très écartés sera très rigide.

A la lecture de ces 3 éléments, il apparaît comme une évidence que certains paramètres sont contradictoires et ceci est valable pour les roues montées en usine par les grandes marques ou pour les roues dites « artisanales ». Par exemple un nombre rayon important de rayons va d’un côté augmenter la rigidité, mais de l’autre l’optimisation de l’aérodynamisme sera amoindrie. De même plus la jante est « lourde » et plus les relances seront exigeantes mais au contraire il sera a priori plus facile de maintenir une vitesse de croisière élevée.

Les critères selon le profil du cycliste

Votre poids

C’est un premier critère. Vous ne pouvez vous équipez avec du matériel sans prendre en compte votre corps. Non pas pour les sollicitations que votre machine vous fera subir, mais pour l’inverse. Une personne de plus de 80 kg ne s’équipe pas de la même manière qu’un de moins de 80 kg par exemple.

Ceci car les sollicitations du poids sur les roulements, la jante ou les rayons seront amplifiés par les kilos. De même, la puissance et la torsion varient en fonction de votre gabarit.

Pour des gabarits de pur cycliste, affutés, je dirais qu’il n’existe pas de limite. En fonction de vos points forts, vous pourrez largement vous équiper dans les gammes que vous souhaitez. En revanche pour les cyclos plus enrobés, préférez des roues plus rigides et solides. Aluminium et carbone sont de mise, mais n’optez pas pour des roues légères à faibles rayons ou allégées.

Votre forme

C’est un second critère. Sachez qu’a part le plaisir de rouler sur du carbone, pour les personnes débutantes ou ne faisant qu’un faible kilométrage par an, des jantes carbone s’avèrent inutiles, à même titre que des jantes ultra light ou rigides. La découverte de sensations passe avant tout par une bonne préparation physique. Orientez-vous sur des roues milieu de gamme.

 

Les critères selon le profil de la route

A l’entrainement

C’est le plus ingrat. Ces roues d’entrainement auxquelles nous demandons de sortir par tout temps, sans broncher, sans se déformer. Rarement chouchoutées et lavées, elles doivent tenir la route jour après jour pour aligner les kilomètres avec très peu d’entretien. Bien évidemment le choix de l’aluminium est de mise !

Pour ce type de pratique, des roues bas de gamme ne sont pas forcément le meilleur choix. Préférez plutôt un assemblage roue aluminium fait par votre revendeur favori pour favoriser la qualité sur les parties sollicitées. Rien ne vaut un bon moyeu résistant et fiable, quitte à défavoriser les rayons et la jante. Un nombre de rayons classique est vraiment mieux pour absorber les chocs.

Pour le plat

Lorsqu’on roule sur des parcours plats, les roues doivent tout d’abord être aérodynamiques. Il faut choisir celles qui comportent le nombre de rayons le plus faible puisque chaque rayon, en entrant dans l’air, freine la progression du vélo : il crée une dépression, c’est-à-dire une traînée d’air derrière lui. Il est également préférable de privilégier des rayons plats et des roues à forte inertie.

Le poids élevé de certaines roues est plutôt un avantage à la hausse sur ce type de parcours. Car une fois lancées, elles procurent une meilleure inertie. Des roues aluminium et carbone à forte hauteur de jantes sont un bon compromis. On parle de profil de jante de 40 à 50 mm.
Exemple : Roue Cosmic Carbone ou équivalent

Parcours montagneux

En montagne, il faut privilégier le gain de poids, deux solutions :

  • Les roues en carbone sont souvent les plus légères, mais aussi les plus chères. Elles ont pour effets d’êtres plus polyvalentes. Cela nécessite de monter des patins spécifiques pour freiner sur des jantes en carbone. En descente, le freinage est un peu moins performant que sur des jantes en alu. Il est donc préférable de ne pas les utiliser par temps pluvieux.
  • Les roues aluminiums légères, parfaites pour ce type de parcours. Ce sont souvent des roues très épurées et très légères. Elles sont dédiées à un usage unique de course de côtes par exemple, car elles offrent très peu de rendement sur le plat.

Que ce soit pour des jantes carbones ou des jantes aluminium, celles-ci sont allégées à l’extrême et bien souvent plus fragiles. (Attention donc aux nids de poules, dos d’anes, …)

Contre-la-montre

Dans le cas particulier du contre-la-montre, on peut choisir une roue pleine à l’arrière et une roue à bâton à l’avant. La roue pleine ne possède pas de rayon et présente l’avantage d’agir comme une voile de bâteau, le vent de côté poussant le vélo.

Par contre lorsqu’on utilise deux roues pleines, le vent déstabilise le vélo qui est plus difficile à diriger. La roue à bâtons est donc utilisée à l’avant puisqu’elle déstabilise moins le vélo tout en présentant des bâtons peu nombreux (trois ou quatre) et générant de très faibles dépressions puisque profilés comme des ailes d’avions. Cependant, le prix de ces roues est élevé et il ne sert à rien de s’en procurer lorsqu’on ne court pas à haut niveau.

Pavés

Lorsqu’on roule sur des parcours pavés ou jonchés de trous et d’aspérités, le critère à privilégier est la solidité des roues. On ne peut alors pas utiliser des roues trop  légères, comme les roues carbone parce qu’elles ne sont pas les plus solides.

L’aspect compétition

Vous ne faites que des cyclosportives mixtes (plats et cols) : une bonne paire de roues aluminiums milieu de gamme a pneus. C’est amplement suffisant. Il faut choisir une roue rigide, fiable et confortable.

Vous faites des cyclosportives et quelques tourniquets en FFC : une paire de roue carbone qui privilégient la polyvalence, rigides et confortables.

Vous faites uniquement de la compétition en club : une paire de roues très rigides en privilégiant le rendement au confort. Une paire de roues avec une excellente relance et une forte nervosité.

Pneus ou boyaux ?

Le pneu vélo route à chambre, le pneu vélo tubeless et le boyau affichent des qualités qui leur sont propres.

Il peut être difficile de s’y retrouver parmi les offres de pneu vélo. Les fabricants rivalisent de raffinements techniques et d’innovations, de quoi donner jour à des catalogues sans cesse plus étoffés. A chaque nouveauté, on réinvente donc la roue avec des produits ultra-pointus. Avec l’apparition du pneu vélo tubeless, une nouvelle alternative est ainsi offerte aux cyclistes. Ces derniers sont encore nombreux à s’interroger sur la pertinence de cette technologie face aux pneus  à chambre et aux boyaux.

Le boyau, ce ne sont que des inconvénients de logistiques : réparation difficile en cas de crevaison sur une cyclosportive, coût élevé, préparation pénible,… Mais en revanche c’est un réel plaisir pour rouler. Les sensations combinées avec une bonne paire de jantes carbone sont exceptionnelles. Rendement et confort sont au rendez-vous !

Le choix du pneu se fait d’un point de vue pratique et les avancées technologique en la matière en fait un produit proche du boyau.